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Politique

Après Fillon, c'est au tour des socialistes...

Accusée d’emploi fictif par Capital, Anne Hidalgo poursuit le journal en diffamation

Après le million d’euro détourné par la famille Fillon via des emplois fictifs d’assistants parlementaires, c’est au tour d’Anne Hidalgo, l’actuelle maire de Paris, d’être accusée par l’hebdomadaire Capital pour un emploi fictif qui lui aurait permis d’empocher 80 000 euros. Presque rien au regard de François... Mais quand même !

Le profil politique d’Anne Hidalgo est tristement banal : haut-fonctionnaire à l’Inspection du travail, l’inspectrice du travail en chef a été pendant dix ans en délégation au ministère avant de s’engager derrière le maire socialiste de la capitale, Bertrand Delanoë. Son tournant de la fonction publique à l’engagement politique s’est cependant fait avec les bonnes vieilles traditions de la politique française : un emploi fictif en bonne et due forme, selon Capital, qui a permis à l’élue de toucher près de 100 000 euros entre mars 2001 et janvier 2003. A chaque emploi fictif son modus operandi. Comme le révèle Capital, c’est à son élection en tant que première adjointe à la mairie de Paris qu’aurait commencé le vol de l’argent public. En effet, malgré ses rémunérations en tant qu’élue (5 575 euros puis 6 424 euros à partir d’octobre 2002), Anne Hildago a continué à toucher ses 3 040 euros de la part du ministère du Travail, avec entre 1000 et 2000 euros de primes.

Si pour Anne Hildago il n’y a rien d’illégal dans tout cela, les collaborateurs du cabinet de l’ex-ministre du Travail Marylise Lebranchu nient l’avoir vue durant cette période. « A son arrivée, en novembre 2000, elle a travaillé pendant quelques semaines sur le conflit des greffiers. Mais ensuite, elle est partie faire sa campagne municipale, et on ne l’a pratiquement plus revue [...] Elle ne participait jamais aux réunions de travail, elle n’avait même pas de bureau. Les seules fois où on la croisait, c’est lorsque le club de Martine Aubry, Réformer, organisait une réunion ou un dîner dans les locaux du ministère, avec Benoît Hamon et François Lamy.  », explique ainsi un ancien conseiller.

Quand Lionel Jospin quitte Matignon en mai 2002 suite à l’élection présidentielle, l’élue de la mairie continue à être payée par le ministère du Travail, jusqu’à janvier 2003. Et cet emploi aurait pu durer ; il aura fallu l’intervention de SUD-Travail pour faire arrêter cet emploi fictif. En effet, Yves Sinigaglia, lors d’une élection professionnelle, s’aperçoit qu’Anne Hidalgo est toujours employée du ministère. Après avoir bataillé avec la DRH de l’administration, la Cour des comptes, la Commission des comptes de campagne, la mairie de Paris, le syndicat n’a toujours aucune réponse des administrations qui défendent jusqu’au bout l’emploi fictif de l’élue. Finalement, il aura fallu que le syndicaliste saisisse la CADA la Commission d’accès aux documents administratifs) pour obtenir le dossier de la première adjointe de la mairie. Après cette communication, le ministère cesse de rémunérer Anne Hidalgo et lui demande de restituer une partie des sommes, c’est-à-dire les sommes depuis le changement de gouvernement.

Au bout du compte, Anne Hidalgo aura touché un peu plus de 100 000 euros, puis remboursé 21 000 euros. Avec 80 000 euros sur le dos du contribuable. Face à cela, l’actuelle maire de Paris défend la « légalité de sa situation » et a entamé une poursuite en diffamation contre le journal, car celui-ci aurait porté atteinte à sa « probité et son honneur ». Une probité et un honneur à la hauteur de celle des François Fillon et des Cahuzac, qui rappellent, une fois de plus, qu’entre les Républicains et les Socialistes, en matière d’emplois fictifs, la gauche n’a rien à envier à la droite.




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