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Politique

La mobilisation continue, la répression aussi

Acte VII à Bordeaux : Gilets jaunes, une colère qui n’en finit pas

Alors que les médias gouvernementaux président la fin du mouvement depuis déjà deux semaines, la réalité est bien autre dans les rues bordelaises. Ce samedi 29 décembre, en plein milieu des fêtes de fin d'année qui, selon les éditorialistes devait marquer la fin du mouvement, s'est opérée une nouvelle démonstration de force de la part des gilets jaunes, notamment à Bordeaux, encore une fois faisant face à une répression impressionnante.

Un cortège de 7000 manifestants qui est parti de Place de la Bourse en traversant le cours Victor Hugo, rejoignant ensuite la Place de la République, puis le cours d’Albret et enfin Gambetta jusqu’au cours Clemenceau où les policiers ont jeté les premières grenades lacrymogène. C’est un cortège d’environ 7000 personnes qu’a atteint cet énième rendez-vous qu’est l’Acte VII des Gilets Jaunes à Bordeaux, qui malgré les fêtes, le froid, et l’ensemble des prétextes que donnent les médias dominants, restent fidèles aux rendez-vous du samedi. Un nouvel appel, où 11 000 personnes ont répondu être intéressées sur Facebook, est fait pour le réveillon de fin d’année pour l’Acte VIII sur le Pont d’Aquitaine.

La manifestation était enthousiaste, composée de musiciens qui rythmaient la marche grâce à leurs tambours au moment où la répression a débuté. Suite à quelques mouvements de panique, les manifestants ont continué jusqu’au Grand Théâtre puis en longeant la rue Sainte Catherine pour atteindre la place de la Victoire.

Encore une fois, à Bordeaux, c’est un dispositif de répression énorme qui a été mis en place par la police, comprenant aussi l’hélicoptère, devenu désormais presque banal. C’est à partir du Cours Clémenceau que les policiers ont commencé à tirer des grenades lacrymogène et tiré au flashball sur les manifestants, dont l’objectif était de disperser la manifestation et de procéder à des interpellations (de nombreux policiers et agents de la BAC quadrillaient les ruelles autour de l’avenue où se trouvait la manifestation).

En amont de la manifestation, les forces de l’ordre ont procédé à des fouilles et ont confisqué du matériel de protection qui n’avait aucune dangerosité tel que du sérum physiologique ou des masques à gaz.
Le dispositif policier était impressionnant, sur la place de la République ce n’était pas moins de 12 fourgons, un camion à eau, 2 voitures, une trentaine de policiers au sol sans oublier l’hélicoptère qui ne cessait de faire des rondes autour de la manifestation.

Ce dispositif s’étendait sur tout Bordeaux où des patrouilles en moto faisaient également des rondes. Sans oublier les nombreux policiers empêchant l’accès à des ruelles perpendiculaires aux cours que la manifestation traversait.

La manifestation s’est terminée par les opérations de dispersion manœuvrées par la police, qui a continué à gazer jusque tard et avec la BAC coursant dans les ruelles les manifestants qui étaient restés jusqu’au bout.
Les violences policières ont été, encore une fois, d’une brutalité inouïe à Bordeaux mais aussi partout en France, comme à Paris et à Toulouse où la répression était très forte. Les images et témoignages des blessures continuent à déferler sur les réseaux sociaux, pendant que les médias dominants les gardent sous silence. En plus des blessés au flash ball ou aux grenades de désencerclement qui ont détruit la vie de centaines de personnes depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, le deuxième volet de la répression, celle de la Justice, tape à son tour très fort, convoquant des peines allant jusqu’à de la prison ferme pour de nombreux manifestants ; pour l’Acte VII à Bordeaux, Sudouest recense 12 interpellations vers dix huit heures. Cette répression étatique se répète désormais à tous les Actes du mouvement des Gilets Jaunes : cette violence, ascendante depuis quelques semaines, n’affaiblit pas les Gilets Jaunes, qui, malgré tout, demeurent déterminés.




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