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Politique

Justice pour Adama !

Adama Traoré : Les gendarmes qui l’avaient interpellé enfin jugés mais placés sous le statut de « témoins assistés »

La famille d'Adama Traoré, décédé à cause de son interpellation policière en juillet 2016, attendait depuis deux ans que la justice s'empare de l'affaire. Après ces deux années d'attente, de lutte et de colère, les trois gendarmes ont été jugés. Cependant, ils n'ont pas été mis en examen, mais placés sous le statut de « témoin assisté ».

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré, interpellé par les gendarmes après une course poursuite, est mort mains menottées dans le dos, asphyxié face contre terre. Après avoir fait un malaise dans le véhicule, il s’est effondré dans la cour de la gendarmerie. Ce drame a révolté la famille et l’entourage du jeune homme de 24 ans, qui n’ont cessé, depuis ce jour, de mener un combat sans relâche pour obtenir justice. Tout de suite, le Comité Justice et Vérité pour Adama s’est créé, et sa sœur aînée Assa Traoré a sorti peu de temps après le livre « Lettre à Adama ». Pendant deux ans, la famille n’a eu de cesse de revendiquer une justice pour leur proche, par épisodes de manifestations, rassemblements. Deux années difficiles pour la famille, qui a subit un acharnement et une répression policière : les frères d’Adama sont allés en prison, subissant de lourdes peines.

Finalement, après tant d’attente, les gendarmes ont enfin été entendus par un juge, ce mardi. Si c’est une petite victoire pour la famille qui attendait beaucoup de procès, il ne s’agit « que d’un début » selon les mots du comité. Les trois gendarmes concernés par l’affaire n’ont pas été mis en examen, mais placés sous le statut de « témoins assistés ». Ce statut est à mi-chemin entre témoin et mis en examen. Ils ne peuvent donc pas être placés sous contrôle judiciaire, ni porter de bracelets électroniques, ni même être en détention provisoire.

Si c’est ce statut qui a été préféré par la juge d’instruction, c’est que l’hypothèse de violence volontaires sur Adama a été écartée. Voici les mots des avocats en charge de l’affaire : « en l’absence d’indices graves ou concordants de nature à justifier leur mise en examen au titre de l’infraction de non-assistance à personne en péril ». En effet, en octobre, une expertise médicale écartait la responsabilité des gendarmes dans le décès du jeune homme. La juge conclut que son pronostic vital était déjà engagé, dû à une pathologie rare, que l’effort de la course poursuite aurait aggravé. A en croire cette expertise médicale, Adama était donc condamné à la mort certaine, la police n’y étant pour rien. Les événements se seraient « enchaînés ». C’est sur ce même rapport, qui avait été un scandale de plus dans l’affaire, que s’appuie aujourd’hui la justice pour protéger les gendarmes.

Crédits photo : AFP




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