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Politique

Marchandisation du service public

Aéroports de Paris : l’Assemblée vote la privatisation

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Assemblée nationale, derrière Bruno Lemaire, a définitivement voté l’autorisation de la privatisation des Aéroports de Paris (ADP), un plan de marchandisation du service public résultant du projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (Pacte).

Crédit photo : Sol Air

Depuis le début du quinquennat, Macron veut mettre un coup d’accélérateur à la vague de privatisations du service public. A l’époque où ce dernier était ministre de l’Économie, il avait déjà permis la privatisation de l’aéroport de Blagnac, cédant 49,99% des parts à des fonds d’investissement privés chinois. Aujourd’hui, après la SNCF, et bientôt la RATP, ce sont les Aéroports de Paris qui sont cette fois victime des politiques libérales macroniennes. L’Élysée avait déjà lancé l’idée depuis juin dernier, par le biais de la loi Pacte menée par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, dont l’objectif était de lancer les privatisations. L’Assemblée Nationale, dans la nuit de mercredi à jeudi, a définitivement acté le projet, en votant la modification du régime juridique et du cahier des charges d’Aéroport de Paris, étape préliminaire à sa privatisation.

Ainsi, c’est la cession de 50,63% des parts de l’Etat dans le gestionnaire des aéroports d’Orly et de Roissy qui sera cédée, le gouvernement espérant récupérer 10 milliards d’euros sur l’opération pour « financer l’innovation » et « désendetter l’Etat », une dette qui n’est que le fruit des politiques des gouvernements successifs depuis des années. Mais rassurons-nous ! Bruno Lemaire a assuré que « pour ne pas conférer un droit illimité à un acteur privé », la concession serait limitée à 70 ans.

En réalité, ce n’est pas une concession de 70 ans, qui sera sans aucun doute facile à contourner, qui limitera la casse du service public. Cette privatisation n’est qu’un pas de plus vers la marchandisation des transports publics, et un cadeau supplémentaire aux grandes multinationales pour qui ce genre d’investissement est synonyme de profits. Pour les travailleurs et les usagers en revanche, l’addition sera sans doute plus salée. En effet, comme le montre l’exemple de la SNCF, privatisation est toujours synonyme de suppressions d’emplois, dégradations des conditions de travail, et augmentations des tarifs pour les usagers. La Française des jeux et Engie semblent également être dans le viseur des privatisations du gouvernement, ce qui avait généré une [vague de colère chez les travailleurs d’Engie, en grève en juin dernier->http://www.revolutionpermanente.fr/Contre-les-privatisations-147-sites-d-Enedis-ex-GDRF-et-Engie-ex-EDF-en-greve




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