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Politique

Du rififi en macronie ?

Affaire Benalla. Collomb va t-il servir de fusible ?

C'est dans son édition du 1er août que le Canard Enchaîné a divulgué cette information. Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, pourrait payer les pots cassés de l'affaire Benalla, et servir de fusible.

Crédit photo : Sipa Press

Depuis le 18 juillet, l’affaire Benalla secoue l’Elysée. Entre les multiples révélations et la mise à nu de l’envers du décor, l’été est pour le moins agité pour l’éxécutif, alors que le mois de septembre, synonyme de rentrée sociale, approche à grand pas. Dans son édition du 1er août, le Canard Enchaîné a laché une petite bombe : Emmanuel Macron, à l’instar d’autres personnalités importantes au sommet de l’Etat, serait « furieux » de la ligne tenue par Gérard Collomb.

« Collomb se trouve fragilisé par l’ensemble de la séquence Benalla, tant vis-à-vis de l’opinion publique, où il apparaît comme un ministre de l’Intérieur qui n’est au courant de rien, que de son administration, aux yeux de laquelle il n’est plus le chef, et vis-à-vis de Macron, qu’il n’a pas protégé, au contraire » a ainsi révélé une source proche de l’Elysée au Canard. Il faut dire que la ligne tenue par le ministre de l’Intérieur n’a absolument pas convaincu, notamment lorsqu’il a affirmé par exemple ne pas connaître Alexandre Benalla, cela l’a particulièrement discrédité.

Jusqu’à présent, l’éxécutif a cherché à se préserver, à se mettre à l’abri des conséquences collatérales de l’affaire Benalla, préférant cibler la responsabilité personnelle de l’ex-chargé de mission d’une part, et la préfecture de police de Paris d’autre part. Cependant, il n’est effectivement pas impossible que la ligne bouge. Face à l’ampleur de la crise, et pour tenter de tourner la page, il semble que les simples licenciements de Crase et Benalla ne suffisent pas, et qu’emerge la nécessité que d’autres têtes haut placées tombent. A ce titre, il est clair que Gérard Collomb semble être le fusible idéal. Non seulement de par sa fonction, mais aussi de par la mise en avant de son incapacité à gérer cette crise politique sans précédent depuis le début du quinquennat Macron et sa fragilisation extrême auprès de l’opinion publique. En effet, Gérard Collomb, avec ce nouveau discrédit, apparaît comme plus détesté que jamais, et a même était le ministre qui a révélé les premières brèches au sein de la majorité LREM à l’Assemblée avec la fameuse loi Asile et immigration.

Si les pontes de LREM ou les membres de l’éxécutif n’ont pour l’heure fait aucune déclaration laissant à penser que Collomb sera débarqué prochainement, il est clair que le ministre de l’Intérieur serait le fusible idéal. L’ampleur de la crise et les nécessités d’un éxécutif fort pour mener les batailles à venir pourraient ainsi rabattre les cartes. Une chose est sûre, les limites et faiblesses du macronisme seraient un peu plus mises à nu s’il advient comme inévitable de dégager, d’une manière ou d’une autre, l’actuel numéro 2 du gouvernement.




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