^

Notre classe

Le mouvement ouvrier doit réagir

Affaire Benalla : pourquoi les directions syndicales restent-elles l’arme au pied ?

La vidéo de l’agression de manifestants par A. Benalla lors du 1er mai est très vite devenue virale sur les réseaux sociaux, et les journaux ont mis à la lumière du jour que l’agression était du fait du garde du corps de président Macron et ce, enfin en pleine lutte contre la réforme ferroviaire. C’est la plus grande crise politique du gouvernement Macron qui se déroule en ce moment.

Alors que cette violence contre un manifestant est mise en avant, le moins que nous puissions dire, c’est que les centrales syndicales sont aux abonnés absentes, mis a part la CGT qui a fait un communiqué sur le seul fait qu’Alexandre Benalla ne serait pas vraiment un policier et qu’il ne pouvait pas agir de la sorte : ce n’est pas la guerre ouverte avec l’ordre établi. Pourtant un tel acte aurait du susciter chez les syndicats colère et indignation, avec un appel clair à la mobilisation, pour la défense du droit a manifester et contre la répression des forces de l’ordre.

Circulez il n’y a rien voir

Les bras nous en tombent : aujourd’hui, alors que Macron est en perte de vitesse, qu’il est au plus bas dans les sondages, que le monde du travail a une haine énorme contre le président des riches, allié revendiqué du patronat.. rien ne se passe dans le mouvement ouvrier. Les attaques sont d’une violences inouïe contre l’ensemble de la classe des salariés : les lois comme la mise en place des conseils sociaux d’entreprise vont faire diminuer le nombre de représentant dans les entreprises, la fin des CHSCT, la loi travail donne pleins pouvoirs au patronat ; avec les ordonnances, la précarisation est devenu la règle. Les « suppressions » d’emplois et le nombre de fermetures d’usines explose. La démocratie la plus élémentaire est foulée au pied , et les organisations syndicales sont méprisées comme jamais. Mais voilà : on a l’impression que les organisations du mouvement ouvrier sont entrées en clandestinité, muettes face à cette crise. Ce mutisme ne peut être interprété que comme une trahison : lorsque les conditions sont réunies pour passer à la contre offensive, lorsque le pouvoir a une faiblesse, il faut tout mettre en œuvre pour tenter de le faire plier. Or, les directions syndicales restent l’arme au pied.

Que font-il ? Le dialogue social pour faire perdre le mouvement ouvrier

Le 17 juillet, Macron a organisé un mini sommet en invitant toutes les organisations syndicales à venir discuter avec lui, des futures reformes : assurances chômage, plan contre la pauvreté, réforme hospitalière, et bien d’autres sujets alors même qu’il n’y aura aucune marge de manœuvre pour les organisations syndicales, celles-là même que le salariés n’ont jamais mandaté pour aller aider Macron et le patronat à les tondre avec une paire de ciseaux rouillé, le tout sur l’autel du dialogue social.

Rompons le rang et ne servons pas de cobaye, non à la collaboration de classe ! Surtout qu’il y a le feu a la maison, et que la défense des intérêts individuels et collectifs du monde du travail sont menacés comme jamais. Organiser les ripostes avec un plan de bataille et une stratégie pour gagner doivent être nos tâches à venir, face aux attaques anti-sociales du gouvernement et cette société de privilèges. Surtout aujourd’hui, quand le pouvoir réprime dans tous les secteurs en lutte ainsi que dans les quartiers populaires. En juillet 2018, un des nôtres peut tomber sous les balles des forces de police sans jamais que celle-ci soit inquiété : c’est bien le procès de ce monde qu’il faut faire, et cela passe aussi par une critique acerbe et sans compromission de ceux qui, en restant l’arme au pied quand il faudrait tirer, se font les complices du massacre de la classe ouvrière et de ses droits.




Mots-clés

Affaire Benalla   /    LREM   /    mouvement ouvrier   /    Emmanuel Macron   /    Violences policières   /    Syndicat   /    Notre classe