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Genres et Sexualités

L’homophobie, ça paye…

Affaire Hanouna : Bolloré réclame 13 millions d’euros au CSA

Après une énième séquence homophobe au cours de l’émission Touche pas à mon poste, et sous la pression des téléspectateurs, le CSA avait fini par condamner la chaîne de Bolloré à ne pas diffuser de publicité durant 3 semaines pendant l’émission. Aujourd’hui C8 demande 13,1 millions d’euros pour le préjudice engendré.

Crédits photo : DR

En mai, le trop célèbre chroniqueur de l’émission Touche pas à mon poste avait fait grand bruit en « outant » sans son consentement un jeune homosexuel en direct, à grands renforts de clichés homophobes. Mais c’était loin d’être le coup d’essai de Cyril Hanouna.

En décembre, il avait dirigé la main d’une invitée qui avait les yeux bandés vers son sexe. Loin d’être un « dérapage » isolé, ces agressions et humiliations ne sont que l’illustration la plus criante de l’homophobie et du sexisme décomplexée de l’émission, et à plus forte raison de son animateur.

Les plaintes au conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avaient été nombreuses, et devant le tollé provoqué par la scandaleuse séquence, la sanction est tombée le 8 juin : la chaîne C8 qui diffuse l’émission ne pouvait diffuser de publicité au cours de l’émission durant deux semaines. Cette décision s’ajoutant à une autre, prononcée après l’humiliation de l’un des chroniqueurs en novembre 2016 – Mathieu Delormeau – par Hanouna, et qui privait l’émission de publicité durant une semaine.

La chaîne C8 fait partie du groupe Canal Plus, qui appartient à Bolloré. Le patron de Vivendi, s’il est moins tatillon quand il s’agit de rémunérer les travailleurs de ses entreprises, a estimé les pertes engendrées par les trois semaines sans pub à un total de 13,1 millions d’euros. Somme qu’il ne s’est pas privé de réclamer à cor et à cri au CSA par le biais de deux courriers virulents.

Une affaire parmi d’autres qui illustre le fait que Bolloré et consorts sont bien plus prompts à réclamer des millions qu’à dénoncer le sexisme !




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