Jeunesse

Interdiction de circuler et de manifester à Rennes

Affaire Hugo Melchior, l’arrêté préfectoral est cassé. « C’est un camouflet pour Valls »

Publié le 23 mai 2016

Une nouvelle fois, un tribunal vient de casser un arrêté préfectoral concernant une interdiction de circuler et de manifester. Hugo Melchior, militant de Rennes II, s’était vu notifié mardi dernier une interdiction de séjour en ville. La Préfecture et le gouvernement ont dû ravaler leur notification, le juge venant d’annoncer, en fin d’après-midi, que la décision était cassée.

Corinne Rozenn

Le verdict vient de tomber et le juge a suivi ce qu’exigeait Maître Clément et le jeune militant, qui a pu intervenir, également, au cours de l’audience. Le représentant de la préfecture, de son côté, n’a pu présenter, comme preuve supplémentaire de l’extrême dangerosité de Melchior, que deux photos de manifestations où le camarade discute avec deux autres manifestant dans un cortège… Un peu mince pour faire de lui un émeutier sur le point de passer à l’action. C’est pourtant la ligne qui a été défendue, la préfecture avançant que » l’arrêté de circulation visant le jeune militant était censé lui éviter une plainte au pénal » contre lui…

Maitre Clément a mis en lumière la façon dont, dans le cadre de l’état d’urgence, l’arrêté en réalité visait à remettre en cause la liberté de circulation et de manifestation de son client, coupable de délit d’opinion, en dernière instance, pour mieux l’empêcher de militer au sein du mouvement.

Le juge a donc décidé de casser l’arrêté qui devait prendre fin mercredi. « Pour le mouvement social rennais, c’est une victoire politique contre l’arbitraire d’Etat, a déclaré Melchior à RévolutionPermanente.fr, lorsque le verdict est tombé. Je pense à toutes les victimes de l’arbitraire d’Etat, de la répression et des violences policières, partout, dans l’Hexagone, depuis le début du mouvement, et plus particulièrement à Jean-François Martin, étudiant rennais mutilé au visage lors de la manifestation du jeudi 28 avril. L’enjeu était de lutter contre ces mesures liberticides et coercitives visant à empêcher l’activité des militantes et des militants, et nous avons gagné sur ce point-là. Manuel Valls prétend pouvoir ‘donner une liste de noms’, et bien la justice administrative vient de lui infliger un camouflet ».

Dans une ville comme Rennes, quadrillée par les forces de répression, où les militant-e-s interpellé-e-s, ces derniers jours, sont l’objet d’un acharnement judiciaire particulièrement grave, l’invalidation de l’arrêté préfectoral implique que le combat à échelle national pour l’arrêt des poursuites contre l’ensemble des camarades arrêté-e-s et parfois déjà déféré-e-s et condamné-e-s depuis le début du mouvement doit s’intensifier, être repris par l’ensemble des organisation du mouvement ouvrier et de la jeunesse, et aller de pair avec la lutte pour le retrait de la Loi Travail.

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