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Société

Selon l'IGPN, le pantalon aurait glissé tout seul

Affaire Théo. Selon la "Police des Polices", ce n’est pas un "viol délibéré" mais un "accident"

PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP Jeudi 09 février, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a rendu ces premières observation sur l'affaire de l'arrestation de Théo à Aulnay-sous-Bois. Selon la police des polices, les images des caméras de vidéo-surveillance ne permettent pas de retenir la qualification de viol. Ali Norbert

L’IGPN met en avant le fait que Théo ne s’est pas laissé menotter, justifiant par là une « opération qui tourne mal. » En essayant de le maîtriser, les policiers auraient malencontreusement porté un coup de matraque au niveau des fesses de Théo après que « son pantalon [ait] glissé tout seul. » Si pour l’institution policière les faits restent « très graves », il ne s’agit donc pas de viol, mais d’un... « accident ».

Dimanche 5 février, le parquet de Bobigny ouvrait une information judiciaire pour « violences volontaires en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique » contre les quatre policiers. C’est après avoir été présenté à la juge d’instruction en charge du dossier qu’un des quatre policiers à finalement été mis en examen pour viol. Pas de chance, selon une source proche de l’enquête, la juge d’instruction n’a pas pu visionner les images de la caméra de surveillance suite à un « problème technique »...

La culpabilisation de la victime, coupable de ne pas s’être laissé faire, est caractéristique des traitements d’affaires de violences policières. Si les policiers bénéficient du soutien de leur hiérarchie et de toutes les précautions des instituions judiciaire et policière, les habitants des quartiers populaires sont, eux, systématiquement présumés coupables et décrédibilisés.

Rappelons que l’interpellation de Théo s’inscrit dans des pratiques policières quotidiennes dans les quartiers populaires. Les contrôles d’identités au faciès, les insultes, les passages à tabac font partie intégrante des méthodes des policiers, notamment ceux de la BST. Lorsque ces pratiques sont poursuivis en justice, souvent à la suite de drames, la stigmatisation des victimes, les mensonges de la police, la justice à deux vitesses et les obstacles politiques sont systématiques. Seule la mobilisation de tou.te.s, en solidarité avec les familles, permettront de lever ces obstacles pour obtenir justice et vérité.




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