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Société

Acharnement judiciaire contre les militants opposés à la loi-travail

Affaire de la voiture de police brûlée : sans preuves contre lui, Antonin reste en détention

Contre l’avis de deux magistrats, Antonin Bernanos reste en détention suite à une décision de la cour d’appel. Lui et sept autres personnes avaient été mis en examen suite à l’affaire de la voiture de police brûlée le 18 mai dernier. Sans preuve… mais comme d’habitude : le seul motif de contestation du gouvernement suffit à le maintenir derrière les barreaux.

Mar Martin

Le 18 mai dernier, en plein cœur de la mobilisation contre la loi travail, une manifestation de policiers « contre la haine anti-flic » était autorisée et organisée à République. Alors que la répression à coup de gaz, matraques et interpellations se déchaînait contre les militants du mouvement, et qu’une manifestation contre les violences policières à l’appel de « Urgence Notre Police Assassine » était interdite le même jour, l’autorisation de l’occupation de la place habituellement peuplée par les Nuit-Deboutistes était une réelle provocation. Dans ce contexte, une contre-manifestation réunit plusieurs dizaines de manifestants. Repoussés de la place par les forces de l’ordre, c’est au passage du quai Valmy qu’une voiture de police sera incendiée.

L’affaire fait le tour des médias, et la réponse est à la hauteur de son ampleur : sept personnes seront mises en examen sans preuve, parmi lesquelles Antonin Bernanos. Alors que son plus jeune frère Angel, 18 ans, inculpé lui aussi dans l’affaire, a passé 42 jours en détention provisoire et attend encore son procès, Antonin, lui, a fait face pour la deuxième fois au refus de sa remise en liberté provisoire. Contre l’avis de la juge des libertés et de la détention, la cour d’appel du tribunal de grande instance de Paris s’acharne. « Ces notes blanches sont vagues, et parfois fausses, note Thierry Lévy, l’un des avocats d’Antonin Bernanos. Par exemple, elles mentionnent qu’Antonin a été interpellé dans le passé lors d’une manifestation où il n’était pas, puisqu’il n’était même pas à Paris ce jour-là, ce que nous avons démontré. »

Face à la mobilisation contre la loi travail, à la détermination des étudiants, lycéens et travailleurs qui durant plus de 4 mois exprimaient durement leur mécontentement, recevant le soutien large du reste de la population, le gouvernement utilise la bonne vieille méthode de la répression. D’un côté, on tente d’intimider, d’étouffer les slogans dans les nuages de gaz. De l’autre, on incarcère, on éborgne, on matraque la jeunesse et les syndicalistes combatifs. Antonin Bernanos et les sept autres inculpés payent l’impopularité historique d’un gouvernement qui n’a pas su maintenir l’enfumage de la « paix social », obtenir le consentement général pour faire passer ses réformes. De surcroit, alors que les policiers ont manifesté de nombreuses nuits en octobre et novembre et qu’une de leurs principales revendications, la présomption de légitime défense, est sur le point d’être acceptée par le gouvernement, Antonin subit aussi la pression d’une police en quête de vendetta après l’incendie de leur voiture, qu’ils ont subi comme un affront face à la toute-puissance qu’elle aimerait incarner.




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