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Répression patronale

Affaire des « Chemises Arrachées » : 3 à 5 mois de sursis pour 4 ex-salariés d’Air France

Lundi 12 mars s'est ouvert le procès en appel des douze salariés et ex-salariés d'Air France jugés pour l'affaire des « Chemises arrachées » d'octobre 2015. L'avocat général a condamné 4 ex salariés de la compagnie à des peines de prison avec sursis de 3 à 5 mois. Une répression politique et injuste à l'égard de ces salariés qui se sont battus avec détermination et combativité contre un plan social qui allait condamner 2900 salariés au chômage.

On ne se souvient que trop bien des images des deux cadres d’Air France et de leurs chemises arrachées, qui avaient fait le tour du monde, tant l’offensive médiatique de la direction d’Air France, appuyée par le gouvernement, avait été importante. En effet, la direction, les médias et les politiques avaient lancé une véritable opération de criminalisation des syndicalistes, accusant les salariés de « voyous », parlant de « prise d’otage », d’ « opérations de casseurs », et criant à la violence. Et ce alors qu’ils se battaient avec détermination contre le plan social en cours qui condamnait 2900 salariés au chômage tandis que l’entreprise fait pourtant chaque année des profits juteux.

Donnant à cette affaire un caractère éminemment politique, l’enjeu pour le gouvernement et la direction d’Air France était de dévier l’attention de l’enjeu réel et de la violence réelle, à savoir le licenciement de 2900 salariés, ainsi que de casser la combativité et la détermination des travailleurs d’Air France et envoyer un message clair et dissuasif à tous les travailleurs qui oseraient relever la tête.

Le premier procès s’était positionné en faveur du gouvernement et de la direction d’Air France, condamnant quatre ex-salariés et syndicalistes à des peines de prison de sursis, ainsi que huit autres à des amendes de 500 euros pour des faits de dégradations. Un jugement scandaleux pour les prévenus qui réclamaient la « relaxe totale pour les salariés ». Scandaleux parce qu’ils sont condamnés pour avoir voulu défendre leur emploi, leur vie de famille et lutter contre un système qui les exploite et les précarise. Ces derniers ont dès lors fait appel.

Lors du procès en appel, qui s’est ouvert le lundi 12 mars, la rhétorique et le parti pris est le même ! L’avocat général parle de « violences intolérables », maintenant des peines de prison de 3 à 5 mois avec sursis pour les quatre syndicalistes. Il a également demandé la confirmation des peines d’amendes de 500 euros prononcées en première instance pour les huit autres salariés accusés de « dégradations ». Une décision inacceptable et scandaleuse.

Le procès doit s’achever avec la plaidoirie des avocats des prévenus ce mardi après-midi. Cette décision, éminemment politique, intervient dans un contexte de contestation sociale et de colère généralisée. L’intersyndicale d’Air France a en effet appelé à une journée de grève le 23 mars, contre le refus d’Air France-KLM d’augmenter de 6% les salaires, bloqués depuis 2011, qui n’ont pas suivi la perte de pouvoir d’achat, alors que l’entreprise a fait 1,5 milliards d’euros de bénéfices en 2017. Une partie des organisations de l’intersyndicale a également rejoins l’appel du 22 mars.

Lors de cette journée de mobilisation nationale, des travailleurs d’Air France manifesteront donc aux côtés des cheminots, travailleurs de divers secteurs du public, étudiants, lycéens et retraités pour se battre contre la réelle violence : celle des patrons, des licenciements, du chômage, de la répression, de la sélection, des coupes budgétaires, et d’un gouvernement qui permet et légitime cette violence à travers des réformes et lois néolibérales que nous devons combattre, tous ensemble. Face à ces attaques et à la répression patronale, permise par une justice de classe, il est primordial de redoubler de résistance et d’imposer des défaites au gouvernement Macron.




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