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Jeunesse

Flics, facho même combat !

Agression fasciste à Montpellier : un policier menace un témoin clé

Selon une enquête menée par Médiapart, l'un des témoins clé auditionné dans l'enquête sur l'agression fasciste qui à eu lieu à la fac de droit de Montpellier a subi pressions et menaces de la part du policier qui a pris en charge sa déposition. Une entrave à l'enquête qui vise à couvrir Philippe Pétel et ses collègues qui ont commandité la descente des fachos et qui témoigne du lien et de la complicité entre les flics et les fachos.

Les violences commises par des fachos à l’encontre d’étudiants mobilisés contre la loi ORE à la fac de droit de Montpellier avaient ouvertes une crise politique importante, plaçant le gouvernement et la direction de la fac de Montpellier, notamment son doyen Philippe Pétel qui avait commandité cette agression, dans une situation difficile et délicate. Une crise accompagnée d’une vive colère chez les étudiants, qui pourraient toutes deux s’approfondir au vu de la tournure que prend l’enquête, qui, comme le dévoile l’enquête menée par Médiapart, est marquée par diverses pressions et menaces effectuées par les policiers à l’encontre des témoins . L’un des témoins central de l’enquête vient en effet de saisir l’IGPN pour dénoncer les méthodes policières utilisées lors de son audition, à savoir intimidations, menaces, insultes.

Ce dernier a en effet déclaré avoir subi des « pressions » et s’être « senti menacé » lors de son audition par le policier qui l’interrogeait. Ce dernier lui a en effet mis la pression, insinuant qu’il mentait, qu’il confondait les faits, et qu’il devait s’attendre à des représailles pour ça... !

" Le policier m’a dit que je confondais les faits et ce que j’avais cru voir et m’a accusé de vouloir régler mes comptes avec des professeurs que je connais. Il m’a indiqué qu’il fallait que je me prépare à avoir des retours de bâtons avec tout ce que j’ai écrit " . Poursuivant que si le témoin avait écrit cela sur lui, ce dernier aurait très mal réagis : « je vous pète les genoux ou diffamation ». Lorsque le témoin ose affirmer avoir vu un de ses profs frapper une étudiante, en être « quasiment sûr », malgré un « petit doute », le policier est vite monté dans les tours, devenant rapidement agressif, insultant et menaçant : « Le policier s’est énervé. Il m’a dit : “Tu me casses les couilles”, puis m’a déclaré que mes divagations ne l’intéressaient pas ». Poursuivant les méthodes de pressions et d’intimidations : « Tu m’as fait dix pages de merde dans lesquelles tu chies sur la faculté », « le professeur va prendre cinq ans de prison avec tes déclarations écrites au ministère, tocard ! ».
Toutes ces méthodes n’ont qu’un seul but, celui de faire pression sur le témoin pour qu’il revienne sur ses déclarations, et ce dans le but de couvrir Philippe Pétel, l’ancien doyen de la fac de droit de Montpellier qui a envoyé cette véritable milice fasciste tabasser les étudiants mobilisés, ainsi que tous ses autres collègues enseignants complices pour les uns, auteurs pour les autres, de ces violences.

Une complicité claire et affichée envers eux qui met une nouvelle fois à nu le rôle de la police, à savoir le maintien de l’ordre établi et de ses institutions, et ce même quand ces institutions et ses représentants font appel à des fachos pour réprimer les étudiants mobilisés contre la politique de Macron et la sélection qu’il promet d’instaurer à l’université. Pour maintenir cet ordre, on voit que les flics sont prêts à tout, quitte ici à faire entrave à l’enquête et à user de tous les moyens pour intimider et faire reculer les témoins. Pressions, injures, remises en cause de la parole des victimes et des témoins, autant de pratiques récurrentes et systémiques au sein de l’institution policière, permises par l’impunité totale dont les policiers jouissent.

Ces méthodes de pressions s’inscrivent dans la continuité du rôle que les policiers ont joué depuis le début dans cette affaire : laisser faire le tabassage en toute impunité, intervenant uniquement à la fin des violences pour escorter les fachos en toute tranquillité. Autant de faits qui témoignent du lien et de la complicité entre les flics et les fachos. Philippe Petel a par ailleurs fait appel à cette milice parce qu’il n’avait auparavant pas pu envoyer la police, le préfet de l’Herault ayant en effet refusé d’envoyer les flics à la fac.

Les déclarations de Jean-Luc Coronel de Boissezon - enseignant ayant pris part aux violences perpétrées contre les étudiants et ayant été mis en examen pour ces faits - sont à ce propos révélatrices : " Notre mise au pilori [avec le doyen Philippe Pétel] permet d’évacuer la question de la responsabilité du préfet de l’Hérault, qui a refusé de faire intervenir les forces de l’ordre, dont le doyen Pétel n’avait cessé de demander instamment l’intervention tout au long de la soirée ". Autrement dit, faute d’avoir l’autorisation et la caution légale pour aller réprimer les étudiants mobilisés, nous avons fait appel à des fachos, mais la responsabilité est à placer du côté du préfet qui a refusé l’envoie des forces de polices sur la fac !

Ainsi, si l’une des forces, la police, est jugée et construite comme légale, légitime, et l’autre comme extra légale et condamnable pour beaucoup, leur rôle est ici pourtant le même : réprimer les personnes qui se mobilisent contre le gouvernement et ses politiques antisociales. Les fachos étant appelés en dernier recours lorsque les flics ne peuvent pas matraquer et réprimer ! Tout autant que les fachos, les flics n’ont plus que jamais rien à faire dans nos facs et ces nouveaux éléments en sont une piqure de rappel. Une piqure de rappel ainsi qu’une démonstration supplémentaire de la collusion entre les institutions et les bandes factieuses, qui rend d’autant plus brulante la nécessité de la convergence des étudiants avec les salariés, et notamment les cheminots, pour faire front face aux politiques de macron et à la répression.




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