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Justice coloniale

Ahed Tamimi condamnée à 8 mois de prison pour avoir giflé un soldat israélien

Ahed Tamimi, militante palestinienne, devenue un symbole de la résistance contre l'occupation israélienne, a été condamnée à 8 mois de prison par l’Etat colonial d’Israël. Elle était poursuivie pour avoir… giflé un soldat en Cisjordanie occupée. Une condamnation, résultat d’une justice coloniale.

Crédits : MaxPPP/EPA/ABIR SULTAN

La jeune palestinienne, emprisonnée depuis le mois de décembre pour avoir giflé un soldat israélien, a été condamnée mercredi à huit mois de prison par un tribunal militaire israélien. Pas moins de douze chefs d’accusations étaient retenus contre elle, comme incitation à la violence, jet de pierre sur des patrouilles militaires, violence aggravée sur militaire. Avant la gifle, le cousin d’Ahed Tamimi, avait reçu dans le crane une balle en caoutchouc tirée à bout portant par un soldat Israélien. Pour une gifle, la militante palestinienne risquait jusqu’à sept ans de prison.

Comme plus de 350 mineurs palestiniens jugés avant elle, Ahed Tamimi est condamné à de la prison ferme. Passer devant un tribunal militaire israélien signifie une condamnation quasi-obligatoire pour un palestinien, de sorte que pour 99,7% des cas jugés, il y a de la prison à la clé. Mais alors qu’elle risquait jusqu’à 7 ans de prison, c’est bien la mobilisation internationale pour soutenir Ahed Tamimi, devenue symbole de la résistance face à l’Etat colonial d’Israël, qui a forcé les juges a accepté un accord de « plaider coupable », lui évitant des années derrière les barreaux.

Selon son avocate, Me Gaby Lasky, dans « l’accord », la jeune militante palestinienne a « accepté » de plaider coupable pour quatre des 12 charges retenues contre elle, dont « agression », « incitation » à la violence et « obstruction » à la mission des soldats. De ces 8 mois de prison ferme, le temps déjà passé en détention provisoire sera décompté, de sorte qu’elle sera libérée au courant de l’été. Elle a également été condamné à une amende de 1.166 euros. Le procès a été tenu à huis clos, symbole de cette justice coloniale, c’est ce qui, de fait, a motivé sa défense à obtenir cet « accord »

Suivant les mêmes modalités d’un « accord » avec le procureur, la cousine d’Ahed, Nour a été condamnée à 16 jours de prison et 470 euros d’amende pour « agression » contre un soldat israélien. En ce qui concerne, la mère d’Ahed Tamimi, elle a été condamnée à 8 mois de prison et 1.400 euros d’amende. Un militant a été arrêté durant le procès car il aurait frappé un des procureurs à la tête pendant qu’il quittait la salle d’audience. Le cousin de 15 ans d’Ahed a déjà payé le prix via plusieurs fractures du crâne, tandis qu’un autre de ses cousins a été abattu par Tsahal d’une balle dans le cou.

Pour essayer de garder la face, suite à cette condamnation qui n’a pas été à la hauteur de ce qu’attendait l’armée israélienne, les forces militaires coloniales ont réagi au jugement par un communiqué expliquant qu’elle « continuera à agir pour préserver la sécurité » en Cisjordanie et à « faire appliquer la loi contre ceux qui attaquent les soldats israéliens et incitent à la violence ». Mais pour infliger une défaite à l’Etat d’Israel, il s’agit de continuer la mobilisation pour exiger la libération immédiate et l’abandon totales des poursuites, pour Ahed et toute la famille Tamimi !




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