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Politique

Pour 3,3 millions de salaire annuel

Air France-KLM : un nouveau directeur général pour mettre au pas les salariés

Benjamin Smith, l’actuel numéro deux d’Air Canada, va prendre la succession de Jean-Pierre Janaillac à la tête du groupe Air France en septembre prochain. Ce dernier avait démissionné de son poste le 4 mai dernier à cause du rejet d’un accord par les salariés lors d’un referendum.

Crédits photo : Ryan Remiorz/The Canadian Press

Un directeur général de combat

Benjamin Smith, dont la nomination comme PDG d’Air France-KLM a été validée le 16 août par le conseil d’administration dans une certaine précipitation, et qui d’après le ministre de l’économie Bruno Lemaire a un excellent profil, devrait mettre fin au conflit social qui touche la compagnie depuis plusieurs mois et relancer ce fleuron national qui accumule les pertes, d’après le Journal du Dimanche.

Air France et le gouvernement – qui est actionnaire à 14 % – investissent dans un directeur général de combat (ils l’espèrent), et pour cela ils ont mis les moyens. Car si les travailleurs, eux, sont en conflit direct avec Air France sur la question des salaires et les restructurations qui suppriment des emplois en masse et licencient des syndicalistes, il n’y a en revanche pas de problème pour augmenter le salaire du PDG.

Un salaire qui va doubler avec la prise de fonction de Benjamin Smith. Le montant fixe sera de 900 000 euros annuel (300 000 de plus que son prédécesseur, et supérieur également à son actuel salaire chez Air Canada) et à cela vont se rajouter une prime annuelle correspondant à 120 % de son salaire si ses objectifs sont atteints (en cas de sur-performance cela pourra monter à 150 %) ainsi qu’une prime d’un million d’euros. Autant dire que de l’argent il y en a, quand il s’agit de mener une guerre contre les salariés d’Air France dans la prochaine période.

Une expérience des conflits social

Benjamin Smith, qui d’après Les Échos est l’un des artisans des « résultats records » d’Air Canada. Mais ce que la presse traditionnelle n’explicite pas, c’est que pour cela, plus de 2000 postes ont été supprimés au sein du groupe nord-américain. Car Smith a le goût de l’Aérien à bas coût… et à bas salaire également (pour les autres). C’est pourquoi il est présenté comme l’homme qui a contribué à l’aboutissement d’un modèle (qui est maintenant le standard de l’industrie à travers le monde).

Le communiqué d’Air France-KLM est très clair : il sera chargé en priorité de « dynamiser » Air France, de donner une « profonde impulsion stratégique » au groupe, et de travailler avec les équipes à une « nouvelle approche managériale ». Et le communiqué du gouvernement, signé par Bruno Le Maire et Elisabeth Borne, est tout aussi explicite : le dirigeant « bénéficie de la pleine confiance de l’État et des principaux actionnaires d’Air France–KLM pour rétablir le dialogue social et pour mener à bien les grands chantiers de transformation qui permettront au groupe de relever les défis du développement, et de la compétitivité et de la concurrence internationale ».

D’ailleurs le gouvernement et certains patrons le comparent au PDG du groupe PSA, Carlos Tavares. Si la même politique qu’à PSA – une politique de suppressions de postes et de vidage des usines – est appliquée par Benjamin Smith à Air France-KLM, les enjeux pour les salariés sont une mobilisation nationale en lien avec tous les secteurs de l’aérien, pour s’opposer aux coups qui vont pleuvoir.




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