Notre classe

« Dans les locaux du ministère du Travail, Air France jouait à domicile »

Air France. Vincent Martinez, délégué CGT, a reçu sa lettre de licenciement

Publié le 31 août 2016

Ce mercredi 31 août, à la veille du dixième anniversaire de son entrée dans l’entreprise, Vincent Martinez, délégué CGT d’Air France, a reçu sa lettre de licenciement, accusé de « violence volontaire en réunion » lors de « l’affaire des chemises arrachées » en octobre 2015. Une décision éminemment politique de la direction de l’entreprise, à quinze jours de la prochaine date de mobilisation contre la loi travail, et face à laquelle la CGT organise la riposte.

Camilla Ernst

La direction d’Air France, en notifiant son licenciement à Vincent Martinez, a suivila décision du gouvernement, validée par Myriam El Komri il y a quelques semaines, en dépit de l’avis de l’inspection du travail. Accusé de violences pour avoir bousculé un vigile lors des événements de « la chemise arrachée », alors qu’il défendait auprès de ses camarades et collègues les 2900 emplois supprimés - soit autant de vies brisées par décision de la direction d’Air France - Vincent Martinez passera en justice devant le tribunal de Bobigny les 27 et 28 septembre prochains, avec 15 de ses collègues.

Il s’agit d’une décision éminemment politique de la part de la direction d’Air France qui, dans cette affaire, avance main dans la main avec le gouvernement, ce que Vincent Martinez exprime ironiquement : « Dans les locaux du ministère du Travail, Air France jouait à domicile ». Pour la direction comme pour le gouvernement, il s’agit bien de rappeler aux travailleurs qu’on ne conteste pas les décisions prises par l’une ou l’autre partie en toute impunité, et que les premiers sanctionnés seront les militants les plus combatifs, comme tous les cas de criminalisation syndicale de ces derniers temps l’ont montré. Et ce d’autant plus alors que la date du 15 septembre peut potentiellement être synonyme d’une reprise de la lutte contre la loi travail et son monde après la trêve estivale.

Contre cette décision d’une justice de classe qui vise à casser et à museler toute tentative de protestation des travailleurs, la CGT appelle l’ensemble des salariés d’Air France à manifester devant le tribunal de Bobigny les 27 et 28 septembre prochains, pour exiger la relaxe de tous les prévenus. Contre les licenciements à la chaîne, contre la répression syndicale et des salariés, contre la loi travail et son monde, c’est tous ensemble, salariés d’Air France, de Goodyear et d’ailleurs unis avec la jeunesse, que nous devons exprimer notre colère dans la rue le 15 septembre, devant le tribunal les 27 et 28 pour les Air France, puis en octobre pour les Goodyear.