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Tempête dans les ciels

Air France : le conflit s’endurcit

Ce mardi 10 avril a marqué la septième journée de grève depuis le début de la mobilisation. Le conflit entre dans une nouvelle phase plus dure cette semaine avec, pour la première fois, deux jours de grève consécutifs mardi et mercredi, suivis par deux autres grèves de 48 heures, les 17 et 18 avril et les 23 et 24 avril. Onze syndicats, tous métiers confondus, exigent une augmentation des salaires de 6%. Le taux d'annulation de vols annoncé pour mercredi est supérieur aux précédentes journées de mobilisation.

La facture est salée pour la compagnie aérienne : « L’impact sur le résultat d’exploitation d’Air France des sept jours de grève entre le 22 février et le 11 avril est estimé à 170 millions d’euros ». Il y a presque deux mois commençait le mouvement de grève des travailleurs et des travailleuses d’Air France. Ceux-ci subissent depuis sept ans un gel des salaires, accompagné par 10 000 suppressions de postes. La compagnie, elle, a réalisé 1,5 milliards d’euros de bénéfices en 2017.

Ainsi, l’intersyndicale de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et Sud), réclame une augmentation de 6% de salaire, afin de rattraper le pouvoir d’achat perdu par l’inflation pendant ces sept années.

Lâcher du lest pour freiner le mouvement

Après avoir fait approuver -pour couper court au mouvement-, par la CFE-CGC et la CFDT, deux syndicats non représentatifs, une augmentation d’à peine 1 %, la direction a finalement relevé sa proposition à 2% ce mardi après-midi. Ouvrant la voie à une « négociation pluriannuelle sur les salaires » prévus en 2019-2021, la direction a mis comme condition de suspendre la grève pour entamer des négociations, sans succès pour l’instant. Cette nouvelle proposition de la direction est une reconnaissance du rapport de force que les travailleurs ont réussi à imposer par la grève.

Négocier avec les pilotes pour diviser le mouvement

Les pilotes restent à la pointe du mouvement, avec un taux de gréviste de 35,3 % ce mardi selon la compagnie (36 % selon le syndicat SNPL). Dans une nouvelle tentative pour stopper le mouvement, la direction a laissé entendre qu’elle pourrait envisager une augmentation de salaires plus importante, en échange d’un assouplissement de l’accord passé avec un des syndicats de pilotes, le SNPL, qui limite la taille de la flotte de la filiale low cost Transavia à un maximum de 40 appareils. Ce « pacte de développement » permettrait à la compagnie de s’étendre à Orly et en province, embauchant de nouveaux pilotes avec moins de droits que ceux de la maison mère, Air France. Une stratégie patronale qui va dans le sens d’augmenter ses bénéfices, tout en mettant en concurrence les travailleurs, diminuant la sécurité pour les passagers par la détérioration de conditions de travail des pilotes et du personnel navigant.

Malgré les tentatives de la direction pour mener des négociations séparées avec les représentants des pilotes, les préavis concernent toujours dix syndicats représentant tous les métiers de l’entreprise, dont les trois syndicats de pilotes et ceux des personnels de cabine.

Mercredi 11, un rassemblement est prévu devant le siège de la compagnie à Roissy, à partir de 10h.




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