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Société

Répression et violences policières

Alfortville : Des sans-papiers violemment réprimés par les forces de police

Mardi matin, environ deux cents travailleurs sans-papiers ont occupé la mairie d'Alfortville afin d'obtenir un rendez-vous avec la préfecture, pour dénoncer le durcissement des dernières lois sur le droit des étrangers, ainsi que le bilan du quinquennat Hollande. Comme à son habitude, la police a violemment réprimé l'action, blessant une quinzaine de manifestants.

Dans les coups de 8h30, le collectif des travailleurs sans papiers de Vitry, accompagnés de sans-papiers en provenance de Montreuil et de Courbevoie, ont en effet investi et occupé le hall de la mairie afin d’obtenir un rendez-vous avec la préfecture.

Leur objectif ? Exiger la régularisation de tous les membres du collectif, ainsi que dénoncer les reculs opérés par « l’autre » loi Cazeneuve sur le droit des étrangers qui, appliquée depuis novembre dernier, a encore aggravé la loi Sarkozy de 2006. Ainsi, aujourd’hui pour qu’un travailleur sans papier soit en règle, il faut 24 fiches de payes à son nom, ainsi que des promesses d’embauche du patron. Des fiches de paye que l’administration du travail empêche d’avoir et des promesses que les patrons se gardent bien souvent de faire, et ce dans le but de maintenir les travailleurs dans l’illégalité et de bénéficier d’une main d’oeuvre plus docile à accepter des conditions de travail toujours plus dures.

Plus globalement, c’est l’ensemble du bilan du quinquennat Hollande, avec ses lois anti sociales à l’instar de la loi Macron, El Khomri, Cazeneuve, mais également ses mesures austéritaires, sécuritaires et racistes, comme l’Etat d’urgence permanent, la chasse aux migrants que ce collectif de travailleurs sans papiers a souhaité dénoncer à travers l’occupation de cette mairie PS. Une mairie PS dans laquelle loge le sénateur maire PS Luc Carnouvas, fidèle de Valls qui a voté toutes ces lois.

Face à cette action, le gouvernement a envoyé comme à son habitude ses forces de l’ordre, qui n’hésitent bien souvent pas à user de la violence pour faire taire la contestation. Et lorsqu’il s’agit de sans-papiers, celles-ci se lâchent encore davantage... Ainsi, une heure après l’occupation de la mairie, la police n’a pas hésité à déloger les manifestants à coup de gaz lacrymogène et de matraques.

Quatorze sans-papiers ont alors été blessés, et pris en charge par les pompiers. Et la répression ne s’arrête pas là. La municipalité a en effet annoncé que deux plaintes allaient être déposées contre les organisateurs de l’action. De plus, l’ancien membre qui s’occupait de la sécurité de la ville s’est « étonné de la facilité avec laquelle l’Hôtel- de-Ville a pu être occupé », exigeant « que le filtrage et la sécurité à l’entrée des services publics soient expressément renforcés ».

Ce cas démontre une énième fois qu’à chaque fois que certains d’entre nous tentent de relever la tête et de résister, tout est mis en œuvre pour invisibiliser, étouffer et réprimer la contestation. Malgré cette répression, le collectif des travailleurs Sans Papiers de Vitry a annoncé sa détermination à poursuive leur lutte : « Nous ne ferons pas silence. Nous nous invitons dans la campagne électorale avec nos revendications :
Régularisation de tous les sans-papiers
Liberté de circulation et d’installation
Fermeture des centres de rétention.
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