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Algérie : Des grèves à répétitions, le spectre de la grève générale plane

Alors qu'il y a tout juste un an, des révoltes éclataient à Béjaïa en Kabylie, avant de gagner d’autres zones de la wilaya et même Alger, après l'annonce d'une augmentation de 2 % du taux de TVA, le monde du travail en Algérie enchaîne en cette fin d'année 2017 les grèves. Le spectre de la grève générale plane sur le pays.

Crédits photo : Presse-algérie.net

La crise économique et sociale bat son plein en Algérie. Tandis que le chômage ne cesse de monter, la colère gronde de sorte que de nombreux secteurs ont commencé à s’organiser autour d’un « front social » animé notamment par les médecin, dentistes et pharmaciens résidents, les enseignants de Tizi-Ouzou, les lycéens et les étudiants mais également les vétérans de l’armée qui ont un poids particulier dans la société algérienne depuis l’indépendance.

Le secteur de la santé pourrait être entièrement paralysé par la grève

Le dimanche 24 décembre, une grève nationale et illimitée a été déclaré dans le secteur de la santé en réaction à « l’absence de dialogue de la part du ministère de la Santé et à la non-satisfaction des revendications des médecins résidents » », selon le Dr Taileb Mohamed, membre du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra).

Les médecins résidents ont lancé un mouvement de protestation depuis plus d’un mois, sous la forme d’une grève cyclique de deux jours par semaine. Fin novembre, une première rencontre s’est tenue avec le ministre, pendant laquelle les médecins grévistes avaient exposé leurs revendications à Mokhtar Hasbellaoui. Mais cette réunion est restée sans suite, selon eux. Les médecins résidents revendiquent la révision du service civil dans sa forme actuelle, l’égalité face au service militaire, l’amélioration de la formation et des conditions de travail et le bénéfice des œuvres sociales.

Les médecins résidents seront rejoints par le syndicat algérien des paramédicaux (SAP) qui a lui aussi appelé à une grève cyclique à partir du 8 janvier. Les paramédicaux dénoncent l’indifférence des autorités du secteur public face aux agressions contre le personnel paramédical ainsi que le manque de dialogue avec leur ministère de tutelle. Le syndicat dénonce également le manque de moyens humains et matériels, en plus de porter des revendications socioprofessionnelles.

Avec la grève ouverte des médecins résidents, c’est tout le secteur de la santé qui risque d’être paralysé, si le mouvement de protestation des médecins, pharmaciens et dentistes résidents perdure avec celui des paramédicaux. C’est d’autant plus dangereux pour le gouvernement que la jonction s’est déjà opérée avec le secteur de l’éducation nationale.

Les étudiants, professeurs et personnels en grève

Le secteur mobilisé se divise en trois parties. Il comprend le conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), le syndicat algérien des fonctionnaires de la fonction publique (Safap), l’union nationale de la jeunesse algérienne, l’union générale des étudiants libres (Ugel). Les syndicalistes dénoncent « la situation de pourrissement à laquelle est arrivé le secteur de l’enseignement supérieur, notamment avec la politique de fermeture du dialogue adoptée par le ministère de tutelle ». Et ce, alors même que la situation est catastrophique pour la jeunesse algérienne. Selon le coordinateur national du CNES, Abdelhafid Milat, il y a un déficit de 300 000 places pédagogiques, de 40 000 enseignants et de 200 000 lits d’hébergement. L’intersyndicale regroupe des syndicats d’enseignants, d’étudiants et d’employés de l’administration des universités. Elle a lancé un appel pour une grève générale dans tous les secteurs à partir du dimanche 14 janvier prochain.

Face à ça différents secteurs s’organisent et voient bien la nécessite de faire la jonction. La situation est donc à surveiller de près dans le pays alors qu’une jeunesse de plus en plus livrée à elle-même arrive à faire le lien avec les autres secteurs qui subissent également la crise.




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