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Monde

Fin de l'ère Merkel

Allemagne. Merkel ne se représentera pas à la présidence de son parti

On apprenait ce matin que suite aux résultats catastrophiques de son parti aux élections régionales en Hesse, Merkel a décidé de ne pas se représenter à la présidence de son parti aux élections qui auront lieu en décembre. Une décision qui marque la fin de 18 ans de règne pour Merkel, mais qui n'était plus qu'une question de temps au vu des récentes tensions croissantes qui ont émergé ces dernières semaines au sein du gouvernement de coalition et de sa propre majorité.

Crédits photo : AFP

Ce dimanche se tenait en Allemagne les élections régionales en Hesse. Cette élection, cruciale pour Merkel, faisait suite à celle qui s’était tenue en Bavière et au cours de laquelle les partis alliés de Merkel, la CSU et le SPD, ont connu un revers historique tandis que l’AfD et les Verts sont sortis renforcés. Ces résultats avaient déjà grandement fragilisé Merkel, mais la Bavière était surtout le fief du CSU, un des partis alliés de Merkel. Au contraire, la Hesse était un bastion historique de la CDU, le parti de Merkel, mais aussi de son allié « de gauche » le parti social-démocrate allemand, le SPD.

Or le revers a été monumental tant pour pour le CDU que pour le SPD. Comme l’écrit le Financial Times : « Le déclin de la fortune du CDU sous la direction de Mme Merkel a été pleinement visible dimanche en Hesse, où le parti a vu sa part du vote diminuer de plus de 11 points. La partenaire junior de sa grande coalition au pouvoir, les sociaux-démocrates [le SPD], s’est également effondrée. Il n’a obtenu que 20 % des voix, soit un tiers de moins que lors des dernières élections, il y a cinq ans. » [1]

Ces résultats ont mené Merkel à annoncer qu’elle ne briguerait pas la présidence de son parti aux élections qui se tiendront en Décembre.

Ces piètres résultats s’inscrivent dans une séquence de fragilisation accrue de Merkel, non seulement ces dernières semaines mais depuis 2015 ; une frange à droite de la CUS critiquant vertement Merkel sur sa politique migratoire. Signe que l’autorité de la chancelière était durablement écornée, récemment Volker Kauder, un de proches collaborateurs de Merkel, n’a pas été reconduit le mois dernier à la tête du groupe parlementaire de la CDU, remplacé par un illustre inconnu.

A court-terme désormais, la guerre pour la succession de Merkel ouvriront des brèches au sein de sa parti et au sein de sa coalition. Au sein du CDU, une frange souhaite renouer avec les racines conservatrices du parti, tandis qu’une autre maintient la position plus « centriste » de la coalition. Plus risqué pour le gouvernement, c’est désormais l’avenir même de cette fragile coalition qui pourrait être menacée. Car avec ce nouveau revers historique pour le SPD, des voix s’élèvent en son sein pour quitter un gouvernement impopulaire et renouer avec une ligne plus à gauche. Comme le rapport le Financial Times dans le même article : « La mauvaise performance du parti a relancé les appels à la démission du SPD et à son renouvellement dans l’opposition. » [2]

La décision de Merkel de ne pas se représenter à la tete de son parti pourrait ouvrir une séquence d’instabilité inédite en Allemagne et avoir des répercussions sur le tout reste de l’Europe, au moment où l’Italie continue ses passes d’armes avec Bruxelles et que le Brexit s’enlise.




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