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Politique

« Il n’y a pas de jour férié pour un président »

Alors qu’en France les travailleurs défilent pour le 1er mai, Macron s’affiche en Australie

1er mai combatif en France pour les manifestants mobilisés contre les réformes Macron, 1er mai lucratif en Australie pour le président. En visite à Sydney pour renforcer le « partenariat stratégique », Macron s'est tenu loin du printemps social qui dure depuis des semaines dans l'hexagone. Mais il ne s'agit pas d'« esquiver » car « les réformes continueront à être menées » a-t-il déclaré aux médias.

« Il n’y a pas de jour férié pour un président  », voilà comment Macron justifie son voyage en Australie pour y développer le « partenariat stratégique » avec Camberra qui lie les deux Etats par un juteux contrat d’armement dans le domaine des sous-marins. Il n’y en a pas non plus pour la mobilisation qui a vu les travailleurs et les manifestants mobilisés contre la réforme du rail défiler dans les rues pour montrer leur mécontentement contre les réformes du gouvernement.

Pour autant, bien qu’il soit aux antipodes, Macron ne manque pas une occasion pour réaffirmer sa détermination à mener jusqu’au bout la casse du service public : « Je ne suis pas de tempérament à esquiver quoique ce soit. Je continue à travailler, les réformes continueront à être menées ». Mais il a sûrement préféré passer cette journée internationale des travailleurs sous des horizons où sa politique trouve un écho plus favorable. En effet, le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, voit en Macron « l’homme du moment » et un défenseur du libéralisme.

Il n’en fallait pas moins pour renforcer les liens entre les deux États engagés dans un accord stratégique de grande ampleur depuis 2016 où la France à remporté « le plus important contrat de défense de l’histoire australienne ». Celui-ci comporte la vente de 12 sous-marins de nouvelle génération pour un montant total de 34 milliards d’euros et un partenariat renforcé avec Naval Group qui devrait aboutir à la construction de nouvelles infrastructures à Adélaïde et à l’implantation de sous-traitants en Australie. Le « partenariat stratégique » et les profits d’Airbus et de Thales, engagés dans un contrat d’armement de 820 millions d’euros et un contrat de gestion du trafic aérien de 780 millions, passent donc avant la grogne sociale sur les rails et dans les universités.

Alors que la semaine est particulièrement chargée en termes de mobilisation avec un 1er mai de lutte, un 3 mai de grève qui mobilise les cheminots, Air France et le secteur de l’éducation et la « la fête à Macron » le 5 mai, le président des riches privilégie à l’autre bout du monde les bénéfices de ceux qu’il représente.




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