Politique

Justice de classe, jusqu’où irons-nous ?

Amiens. 5 ans de prison ferme requis pour avoir jeté un micro !

Publié le 23 mai 2016

Suite à l’occupation de l’hôtel de ville d’Amiens le 28 avril, Manon, une étudiante, jette un micro sur des CRS qui attaquaient violemment l’un de ses camarades. Évidemment, le CRS ne souffre d’aucune blessure. Elle, cependant, se fait embarquer, garder à vue, et risque maintenant 5 ans de prison ferme… Son procès aura lieu le 10 juin prochain.

Elo S. Mytilène

À Amiens, pendant la manifestation du 28 avril, en passant devant l’hôtel de ville, 300 manifestants décident d’envahir la salle du conseil municipal dans le but de passer une Nuit debout dans la mairie. Brigitte Fouré, la mairesse UDI d’Amiens, demande l’évacuation après 4 heures d’occupations. Une centaine de manifestant.e.s se font alors évacuer de l’hôtel de ville par les CRS de façon très violente. L’un d’entre eux, blessé au visage pendant la charge des « forces de l’ordre », est évacué par les pompiers.

C’est dans ce contexte extrêmement brutal que Manon aperçoit l’un de ses camarades se faire violenter par des CRS. Par réflexe de défense, elle lance un micro en direction de ces agresseurs, geste qui n’occasionnera aucune blessure, mais que la « justice » compte bien punir politiquement, les réquisitions atteignant les 5 ans de prison, avec, pour accusation, violence à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique et dégradation de bien public. En attendant son procès du 10 juin, elle a été placée sous contrôle judiciaire, après une perquisition menée à son domicile.

Manuel Valls avait prévenu qu’il comptait condamner « avec la plus grande sévérité ceux qui se livrent à des actes inqualifiables à l’égard des forces de l’ordre ». C’est bien ce fait qui est reproché à Manon. C’est donc pour avoir jeté un micro dans un geste de défense d’autrui que Manon pourrait bien risquer 5 ans de prison ferme.

Une escalade répressive et judiciaire crescendo

Après plus de deux mois de mobilisation, ce sont des arrestations en nombre de plus en plus conséquent, des assignations à résidence de plus en plus aberrantes pour des motifs de plus en plus insignifiants, et souvent des peines plus lourdes qu’attendues. Pour prendre un exemple récent, un Rennais de 28 ans a pris 6 mois de prison ferme alors qu’étaient seulement requis six mois de prison dont trois avec sursis. L’objectif du gouvernement est bien d’intimider toute opposition à sa loi antisociale, pour casser la mobilisation contre la loi travail.

Face à ce gouvernement, l’importance de la solidarité avec les interpellés face à cette répression est plus que nécessaire afin de d’obtenir une fin des poursuites, sans conditions, pour tous.

Pour Manon, une pétition circule (avec déjà plus de 6000 signataires), vous pouvez la signer ici.