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Pendant la manif du 31 mars...

Amiens. Deux syndicalistes poursuivis pour avoir jeté des œufs.

Publié le 8 avril 2016

Du côté de la police, tout est prétexte à réprimer les travailleurs qui se mobilisent. L’affaire de ces deux syndicalistes CGT poursuivis pour « violences volontaires avec arme par destination » vient encore le révéler : ceux-ci avaient simplement jeté des œufs…

Georges Camac

Lors de la manifestation du 31 mars à Amiens contre le projet de loi travail, deux syndicalistes avaient jeté des œufs sur des policiers, des hommes en bleu qui avaient multiplié les provocations lors des différents cortèges de cette journée. Les syndicalistes avaient alors été interpellés et leurs identités relevées. Mardi dernier, ceux-ci étaient convoqués au commissariat pour « violences volontaires avec arme ». L’un d’entre eux était également poursuivi pour avoir refusé le prélèvement biologique. Décidément, tout est prétexte à réprimer les travailleurs qui se mobilisent.

Devant le commissariat, une vingtaine de collègues des syndicalistes se sont réunis durant l’audition pour bien signifier que cette tentative d’intimidation ne passerait pas. « Moi aussi, j’ai jeté un œuf jeudi dernier et je n’ai pas été arrêté. Nos deux camarades n’ont rien à faire dans les locaux du commissariat  » déclarait ainsi l’un d’entre eux. Et à cette occasion, les œufs et les masques de poulet étaient évidemment de sortie.

Finalement, la déclaration du commissaire de police vient illustrer ce qui est vraiment reproché à ces syndicalistes, au-delà du prétexte des œufs lancés : « Ils ne donnent pas une bonne image du syndicalisme. D’ailleurs, ils ont sûrement d’autres choses plus intéressantes à faire dans leur entreprise que de rester toute une matinée devant le commissariat  ». Une manière de dire que la police a bien l’intention de rester du côté des patrons qui nous font vivre l’exploitation au quotidien, et de réprimer ceux qui refusent de devenir de la chair à patron et de la chair à matraque. Une occasion de réaffirmer que nous ne laisserons pas faire face à la répression : abandon immédiat des poursuites pour ces deux syndicalistes !