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Anonymous. Trois ’hacktivistes’ condamnés à la prison à Nancy

Publié le 23 novembre 2015

Camilla Ernst{}

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Le tribunal correctionnel de Nancy a rendu son jugement, attendu depuis le 9 novembre{} : il a condamné 3 militants du collectif d’internautes Anonymous à des peines de prison et des amendes conséquentes pour des « cyberattaques » dirigées contre les sites internet du Ministère de la Défense, du Conseil régional de Lorraine, du Conseil général de la Meuse et de l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra).

Si la peine maximale requise, et pour le moins excessive, de 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende n’a pas été appliquée, la condamnation reste très lourde pour les 3 militants d’Anonymous. Ces derniers ont été jugés pour avoir temporairement paralysé le site internet du Ministère de la Défense afin de venger la mort de Rémi Fraisse à Sivens. Ils auraient également mis hors service ceux du Conseil régional de Lorraine, du Conseil général de la Meuse et de l’Andra dans le cadre d’une opération contre les « grands projets inutiles et imposés », en l’occurrence un projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Accusés d’avoir « participé à un mouvement en bande organisée » et d’avoir « entravé ou faussé le fonctionnement d’un système automatique de gestion de données », ils écopent de 8 mois de prison avec sursis pour l’un, 4 mois pour les deux autres. Leur matériel sera confisqué et ils devront payer 6 000 euros de dédommagement à la Lorraine, 1 500 au Conseil général de la Meuse et un euro symbolique à l’Andra.

Comme le souligne l’avocat de l’un d’eux, la disproportion est flagrante entre les peines écopées et les faits. « C’est une nouvelle façon de manifester », affirme l’un des condamnés, comparant alors le blocage temporaire de l’accès aux sites internet aux blocages d’axes routiers lors de manifestations physiques. Il s’agit bel et bien d’un nouvel épisode de répression à l’égard des militants sociaux de la part du gouvernement socialiste qui ne supporte manifestement aucune remise en question, qu’elle s’exprime sur le web, par les actions de ces « hacktivistes », sous la plume de la presse indépendante ou dans la rue.