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Politique

Affaire du Quai de Valmy

Antonin, l’étudiant militant antifasciste condamné à 5 ans de prison victime de l’acharnement policier

Il devait participer ce samedi à un colloque consacré aux questions carcérales et juridiques à l’Université de Nanterre, mais la ‘justice » et sa police ont préféré fracasser la porte de l’appartement de sa mère et l’embarquer.

Antonin, c’est ce jeune homme que la police a dit avoir reconnu à la couleur rose ou pourpre de son caleçon sur les vidéos et qui après un procès typique d’une justice en faveur du bras armé de l’État a été condamné à 5 ans de prison dont deux avec sursis. Le procès de la voiture de police brûlée sur le quai de Valmy alors que la police manifestait contre « la haine anti-flic » continue d’être le procès de la jeunesse qui se rebelle.

Il avait déjà passé 10 mois en prison avant le procès, il avait repris ses études, Antonin pouvait au moins espérer porter un bracelet électronique. Mais comme il a été condamné sans mandat de dépôt - ce qui permet d’être conduit derrière les barreaux à l’énoncé du verdict- la brigade d’exécution des décisions de justice (BEDJ) de la police judiciaire parisienne a pu l’interpeler sans sommation.

Ainsi ce mardi ce sont une quinzaine de policiers qui sont venus dans le 14e arrondissement de Paris défoncer la porte de l’appartement de sa mère avant même qu’elle ne puisse l’ouvrir afin de venir chercher celui, qui selon le verdict, aurait participé à l’attaque de la voiture.

Les policiers étaient sans insignes. C’est ainsi que sa mère a « cru à une agression de l’extrême droite ». Car en plus de subir la répression qui vient de « l’État de droit » Antonin et sa famille -dont son frère, finalement relaxé- ont été victime d’une médiatisation bien controlée et de l’acharnement de l’extrême droite.

Pour l’avocat d’Antonin, la sentence signe la marque d’une « véritable guerre qui est faite aux défenseurs des libertés publiques, […] à ces jeunes qui étaient présents pour dénoncer les violences policières qui se multiplient » citant Adama Traoré, Rémi Fraisse, Zyed et Bouna et « tous les autres qui sont tombés sous les coups des fonctionnaires de police ».

Pour celui-ci personne ne peut douter que ce soit un procès politique, tant par la nature des accusations des preuves que par le contenu du procès. Il raconte comment lors des réquisition, pendant une heure il y a eu un développement sur ce qu’est la République et un questionnement sur la « pertinence » de l’engagement politique des prévenus.

Une rébellion toujours criminalisée comme l’a prouvé le procureur de la république lors d’un autre procès médiatisé en septembre.Celui-ci représentant la république contre Jo le Phéno et son clip « Bavure » avait fait un parallèle entre les paroles du rappeur et les actes terroristes ciblant les policier revendiqués par l’État.

C’est que ceux qui se rebellent continuent de faire de peur. Et la justice est un autre moyen de contenir les injustices. Ainsi pour l’avocat d’Antonin, Me Arié Alimi, si depuis l’élection de Macron le dispositif répressif lors des manifestations est moins physique, c’est aussi qu’il a montré une certaine inefficacité. « Du point de vue de l’Etat, la méthode la plus pertinente est d’arrêter de déployer des démonstrations de force, économiser les policiers mais avoir une réponse judiciaire intimidante. (…) une fois attaqué en justice, le militant est isolé et vulnérable. La réponse judiciaire peut être considérée comme outil de répression plus ciblé et plus discret bien que là encore il faut nuancer. »

Le CA de Paris 10 de son université a écrit un communiqué, d’autres, comme Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue, ont sorti des tribunes, car dans l’acharnement judiciaire, le poids de la mobilisation compte !




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