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Casse des services publics

Après 10 jours d’occupation, la maternité du Blanc est évacuée par la police

Ce mardi 30 octobre, l'occupation de la maternité du Blanc a été évacuée par la police à 4h du matin. Une soixantaine de personnes occupaient les lieux contre la fermeture de la maternité, obligeant désormais les femmes enceintes à se rendre aux hôpitaux de Poitiers ou Châteauroux, à 50 km de la ville du Blanc.

Crédit photo : AFP

C’est le 27 juin dernier que l’ARS (Agence Régionale de Santé) a annoncé la probable fermeture de la maternité du Blanc, pour en faire un centre de périnatalité. Le centre a donc été fermé tout l’été de manière provisoire, le temps que le conseil de surveillance spécifiquement mis en place pour cette maternité, puisse juger et délibérer. En septembre, la maternité ne rouvrant pas, un comité de soutien pour la réouverture s’est créé et a organisé cinq manifestations réunissant plusieurs milliers de personnes.

La décision est tombée le 19 octobre : le conseil de surveillance de l’hôpital Le Blanc estime que "les conditions de sécurité des patients n’étaient plus assurées" et ferme la maternité. C’est ce jour-là que de nombreux personnels soignants, militants et soutiens, dont le collectif Cpasdemainlaveille, décident d’occuper les lieux pour faire pression sur l’ARS. En effet, le temps de trajet pour les femmes enceintes est allongé d’une heure minimum, ce qui est énorme lors d’un accouchement. Comme le témoigne une habitante, du Blanc à France 3 Centre - Val de Loire, la sécurité des patientes est-elle mieux assurée lorsque des femmes risquent d’accoucher ou même accouchent véritablement dans leur voiture ?

Les centres périnatals sont destinés à remplacer les maternités qui accueillent moins de 300 accouchements par an : comme son nom l’indique, ce type de centre propose différents services prénatals et postnatals, comme des consultations, cours de préparation à la naissance etc, mais ne permet donc pas d’accoucher. Si une maternité ne fait pas au moins 300 accouchements par an, elle n’est donc pas considérée comme "rentable". Or les services de santé sont des services publics, et ne peuvent pas se juger ni sur leur rentabilité, ni sur le nombre d’habitants dans le périmètre.

C’est donc contre la casse des services publics, et en l’occurrence des services de santé, que des personnels soignants et soutiens ont occupé durant 10 jours la maternité, pour exiger la réouverture du centre. Une action qui a dérangé l’ARS, puisque les CRS sont venus déloger les occupants en pleine nuit. Il y avait alors les militants, mais aussi des personnes âgées, des enfants... Malgré la perte des lieux et la fatigue, les occupants restent déterminés et se sont rendus au centre des impôts en délégation, pour interpeller l’administration de la ville. Toujours mobilisés et refusant la décision de l’ARS, les manifestants veulent aller jusqu’au bout, et faire reculer l’ARS pour rouvrir la maternité du Blanc.

Voilà à quoi va mener le plan santé de Macron et Buzyn : au déclassement de nombreux hôpitaux et maternités ne pratiquant pas assez d’actes, privant d’un accès aux soins les personnes n’ayant pas les moyens de se déplacer. Des plans de casse de la santé, accompagné d’une bonne dose de répression.




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