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Société

Ouverture des frontières !

Après 14 jours de détention à l’aéroport de Roissy, un bébé hospitalisé d’urgence

Après avoir été retenue deux semaines à l'aéroport de Roissy, une mère de famille a du faire hospitaliser l'un de ses enfants, âgé d'un an.

C’est un communiqué de l’Association Nationale d’Assistance aux Frontières pour les Étrangers (Anafé) qui a relayé l’information : une famille d’une mère et de ses deux enfants a été retenue 14 jours dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle dans des conditions si mauvaises qu’elles ont conduites à l’hospitalisation d’urgence du plus jeune enfant, le petit Sekou, âgé d’un an, ce lundi 20 mars 2017.

Si Grace avait quitté en urgence la Côte d’Ivoire, accompagnée de ses deux plus jeunes enfants, c’était pour apporter son soutien à son fils aîné, Adama (13 ans), confié à sa tante en France depuis trois ans, victime de maltraitance. Mais Grace et ses deux enfants ont été retenus par la Police aux Frontières (PAF) qui considéraient qu’elle ne remplissait pas « les conditions d’hébergement et de ressources nécessaires ». Les démarches de la mère pour régulariser sa situation n’ont pas abouti, bien qu’elle ait fourni les documents nécessaires (lieu d’hébergement et garantie financière) pour prouver sa capacité à séjourner en France jusqu’à son retour en Côte d’Ivoire prévu le 28 mars. Ils ont donc tous trois été détenus durant de nombreux jours, dans une situation dégradante et éprouvante que décrit le communiqué. Ils ont été maintenus dans une salle de l’aéroport « froide et exiguë, sans fenêtre, sans accès direct aux toilettes, sans les commodités nécessaires aux enfants en bas âge ». La mère n’avait pas toujours « de quoi changer son fils et les douches n’étaient pas adaptées pour les jeunes enfants ». Au fur et à mesure de ce séjour forcé, dans des conditions aussi difficiles, les enfants ont été victimes d’un affaiblissement moral et physique, les menant à une angoisse continue et à une sous-alimentation.

Le communiqué indique que de nombreuses démarches avec les institutions frontalières ont été menées en vain (Ministère de l’Intérieur, Défenseur des droits, Contrôleure générale des lieux de privation de liberté…) C’est l’hospitalisation de Sekou qui permettra que la famille soit enfin admise sur le territoire, « jugée incompatible avec le maintien », après 14 jours de détention. Depuis, la famille a quitté l’hôpital, mais l’Anafé dénonce et alerte : « L’administration a une nouvelle fois privilégié la privation de liberté et l’éloignement de mineurs au mépris de leurs droits fondamentaux. L’Anafé, témoin chaque jour des traumatismes physiques et psychologiques que produit la privation de liberté en zone d’attente, rappelle une nouvelle fois son opposition ferme à l’enfermement des mineurs, isolés ou accompagnés, et veut insister sur les conséquences désastreuses du passage en zone d’attente. […]Sekou, Falila et Grace sont de nouvelles victimes de l’acharnement de l’administration, de l’inhumanité et de la brutalité des politiques migratoires. »

Cette situation scandaleuse est un exemple parmi beaucoup d’autres de la situation dramatique orchestrée à nos frontières par des politiques xénophobes paranoïaques aux méthodes bureaucratiques obscures. Politiques qui met en danger la santé physique, mentale, et la dignité de celles et ceux qui en sont la cible. Face à cette situation, nous, anticapitalistes et internationalistes, devons lutter pour une ouverture des frontières et un accueil des étrangers répondant matériellement et humainement à leur situation et leurs besoins !




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