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Début d'infléchissement de la direction ?

Après 91 jours de lutte, les grévistes de Pinel arrachent (enfin) une table ronde

Depuis plus de 3 mois, le personnel de l'hôpital psychiatrique Pinel, près d'Amiens, sont en grève. Alors que la direction faisait jusqu'ici la sourde oreille, les grévistes ont enfin obtenus l'organisation d'une table ronde, le 25 septembre prochain.

Crédits photo : Page facebook Pinel en lutte

C’est par le biais de leur page facebook Pinel en lutte, qui permet de suivre au jour le jour l’actualité de la mobilisation, que les grévistes ont annoncés la nouvelle. Après 91 jours de grève, les personnels de l’hôpital psychiatrique ont enfin obtenu de la direction l’organisation d’une table ronde, rassemblant l’ensemble des acteurs impliqués, afin de chercher à obtenir satisfaction.

Dans les faits, il s’agit d’une première victoire, tant la direction a joué la carte du mépris vis à vis des grèvistes jusqu’ici. Pire, en juillet dernier, les CRS étaient venu délogé les personnels en lutte, lors d’une action d’occupation au sein des locaux de l’agence régionale de santé (ARS) à Amiens.

Face à la détermination des grévistes, une relative « percée » dans les médias nationaux – qui jusqu’ici ne parlait pas du mouvement -, un soutien massif et la venue de personnalité politique sur le piquet de grève, la direction a bel et bien été contrainte d’accéder à la requête des personnels en lutte : l’organisation d’une table ronde, réunissant médecins, personnels, soignants, l’ARS, la direction de l’hôpital et le ministère de la santé. En d’autres termes, et pour la première fois depuis le début du conflit, la direction a été forcé à infléchir sa ligne, qui consistait purement et simplement à ignorer les grévistes.

Aujourd’hui, c’est donc une nouvelle phase qui s’ouvre pour le personnel gréviste : Celui d’imposer l’ensemble de leur revendication on ne peut plus légitime, pour faire face à au manque de moyen qui asphyxie l’Hôpital Pinel, et plus largement tout les établissement psychiatrique. Ainsi, les grévistes exigent la création de 60 postes, l’ouverture de deux services supplémentaires afin de pouvoir accueillir décemment l’ensemble des patients, la création de postes pour les services généraux et la titularisation des contractuels, c’est à dire du personnel et des soignants embauchés via des contrats précaires. Pour ce faire, les grévistes exigent aussi l’effacement de la dette de l’établissement envers l’ARS, source de toutes les coupes budgétaires ayant conduit à cette situation dramatique.

Avec cette première avancée, les personnels mobilisés sont en position de force pour faire plié la direction. Autant dire que le combat ne fait que commencer, et que les grévistes de Pinel ont plus que jamais besoin de la solidarité qui s’expriment depuis de longues semaines.




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