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Politique

Et si l'hémorragie ministérielle ne s’arrêtait pas là ?

Après Hulot et Collomb, Darmanin sur le départ ?

Après un été marqué par la démission des deux ministres les plus populaires du gouvernement Philippe, Nicolas Hulot et Laura Flessel, ainsi que celle, retentissante, du premier ministre Gérard Collomb, la dernière déclaration de Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, préfigure peut-être un nouveau départ. Ce dernier a en effet annoncé vouloir se porter candidat pour les élections municipales en laissant toutefois place au doute, n'ayant pas encore dit à quel poste précisément. Encore un signe de la fragilisation politique du macronisme ?

Des démissions qui n’ont rien d’anodin

Les démissions de ministres ne sont pas chose courante et, quand elles ne sont pas motivées par des affaires comme dans le cas de celles de Thomas Thévenoud, de Jérôme Cahuzac et de Kader Arif sous Hollande, elles sont souvent le signe d’un affaiblissement politique de l’exécutif. Pour rappel, lors du quinquennat précédent, quatre ministres ont démissionné pour raisons politiques : Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Aurélie Filipetti et Christiane Taubira.

A chaque fois, ces démissions ont été l’expression d’un affaiblissement du PS, jusqu’à sa déchéance quasi-complète à l’aube de l’élection présidentielle de mai 2017. Or, si la fronde organisée peut jouer in fine un rôle de rempart contre la dissolution totale d’un parti, dans le cas d’un mouvement encore peu délimité et relativement nébuleux comme LREM, il est probable que ces dissensions n’aient aucun effet bénéfique à terme et ne fassent qu’accentuer la crise de légitimité qui commence à frapper durement l’ère Macron.

Derrière l’apparence jupitérienne, la faiblesse structurelle du macronisme

Ce n’est plus un secret pour personne, le macronisme en a terminé avec la fable de sa toute-puissance thatchérienne. Ses offensives iniques contre les travailleurs ont largement entamé un capital politique déjà peu étoffé. Confronté à la réalité de la politique macronienne, le « nouveau monde » de LREM s’est très vite effondré, au travers des affaires qui reprennent les recettes de la vieille politique, ou encore face aux résultats même de sa politique ultra-libérale et pro-patronale, ouvertement hostile aux travailleurs et aux catégories les plus pauvres de la population. Or c’est Macron lui-même qui est la clé de voûte de ce système qui prétend faire cohabiter les différentes sensibilités au nom de l’efficacité politique.

Tous l’ont bien compris, si Macron dévisse, tout foutra le camp. En réalité, le macronisme n’a qu’une seule et même ligne : la réforme libérale coûte que coûte, l’offensive perpétuelle. C’est donc tout naturellement qu’une fois l’euphorie passée, les ministres les plus exposés préfèrent claquer la porte. Nicolas Hulot a donc estimé qu’être la caution verte d’un gouvernement ouvertement favorable aux entreprises les plus polluantes n’était pas de bon aloi dans ce contexte de perte de vitesse. Collomb à quant à lui jugé qu’en pleine affaire Benalla, après un an et demi de politique raciste et répressive, il valait mieux partir et éviter de finir comme Manuel Valls. Au tour maintenant de Darmanin de se ménager un sauf-conduit en cas d’emballement de la situation. Le macronisme est décidément en eaux troubles.

Crédits photos : PHOTO PASCAL BONNIÈRE - VDNPQR




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