Notre classe

Goodyear et la mairie d’Amiens main dans la main

Après avoir détruit la vie de 1143 salariés, Goodyear veut démolir l’usine d’Amiens-Nord

Publié le 1er décembre 2016

1143 licenciements et 12 décès. Tel est l’un des bilans objectifs de la fermeture de l’usine Goodyear il y a près de deux ans. Ce sont aussi huit ex-salariés dont des syndicalistes de la CGT Goodyear qui encouraient 9 mois de prison ferme. Une peine réduite à 24 mois de sursis, résultat de la mobilisation. Après l’acharnement de la direction de Goodyear, puis de l’Etat qui a trainé les huit ex-salariés en justice, Goodyear entend bien donner l’estocade finale contre l’usine elle-même. La destruction de la vie des salariés ne suffisait pas, Goodyear a déposé un permis de démolition du site d’Amiens Nord.

Damien Bernard

Nouvelle étape dans l’histoire de la destruction de Goodyear à Amiens. L’entreprise a déposé une demande de permis de démolir pour son site situé à Amiens Nord. « On est sur la phase administrative », explique la mairie d’Amiens. Pour Goodyear, il semble s’agir de vendre le terrain où se situe le site de 28 hectares à une autre entreprise après la démolition. Dans la zone industrielle Nord, les places sont chères. « Goodyear a tout intérêt à ne pas garder ce terrain, à le revendre », explique la Mairie d’Amiens.

Avec le dépôt du permis de démolir, Alain Gest, président d’Amiens Métropole, compte bien en profiter d’autant qu’Amiens veut récupérer du foncier, car elle entend surfer sur l’implantation d’Amazon pour développer sa métropole sur le cadavre du site d’Amiens Nord. Une casse sociale qu’il a soutenu en ayant toujours fustigé la position de la CGT qui refusait la fusion des sites Goodyear-Amiens-Nord et Dunlop-Amiens-Sud (passage au rythme 4X8 et suppression de 450 postes).

Mais la CGT Goodyear ne compte pas en rester là. Suite au dépôt du permis de démolir, la CGT a affirmé hier qu’elle attaquerait ce permis en justice, « car l’action aux USA concernant HAP/CMR (hydrocarbures aromatiques polycycliques /Cancérigènes mutagènes toxiques) est toujours en cours », expliquent les ex-délégués CGT-Goodyear. « Nous sommes en train de préparer diverses démarches », a confirmé l’avocat de la CGT Goodyear Fiodor Rilov.

Après la casse sociale, Goodyear voudrait donner le coup de grâce en démolissant l’usine pour en revendre le terrain au plus offrant.