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Politique

Les réactions de la classe politique

Après l’élection de Macron, législatives et recompositions en ligne de mire

Alors qu’Emmanuel Macron l’emporte avec plus de 65%, les réactions politiques post-second tour ont été nombreuses. Pour tous, ce sont les législatives qui sont maintenant en ligne de mire.

Crédits Photos : Jean François Monier/AFP

Macron président aura-t-il une majorité présidentielle ?

C’était dans les bouches de tous les responsables des grands partis politiques ainsi que des journalistes : Macron, maintenant président, pourra-t-il avoir une majorité présidentielle ? Ces soutiens veulent le croire, comme François Bayrou, qui, sur France 2, a formulé de ses vœux qu’une majorité puisse se former, se disant déjà heureux « d’un résultat magnifique et incroyablement significatif », tentant au passage de s’inscrire dans la continuité du nouveau président : « dois-je ajouter qu’il est pour moi très émouvant parce que c’est un combat qui vient de loin, qui a pris des années et des années ». Cependant, la majorité que les cadres d’En Marche espèrent est loin d’être gagnée : avec quatre candidats dans un mouchoirs de poche au premier tour, les législatives sont très incertaines. Ils ont pour eux le soutien presque inconditionnel de nombreux cadres du PS, comme Ségolène Royal, qui a salué «  la victoire de l’audace, de l’imagination et de l’espérance  » appelant à travailler « ensemble » avec le nouveau président. De même, Stéphane Le Foll, porte parole du gouvernement, a souhaité dimanche que le PS «  participe avec son identité et son histoire  » aux «  perspectives qui sont ouvertes par l’élection d’Emmanuel Macron  ».

Marine Le Pen attaque la droite des Républicains et souhaite lancer un nouveau mouvement

Si elle a réussit à franchir le cap des 10 millions de voix pour le FN, ce qui est une réussite historique pour le parti fondé par Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen veut faire de cette élection un tournant dans l’histoire de son parti. En tentant d’imposer une division entre les « patriotes » et les « mondialistes » : «  le Front national, qui s’est engagé dans une stratégie d’alliance, doit lui aussi profondément se renouveler  », a-t-elle ensuite expliqué, avant de proposer de «  constituer une nouvelle force politique que de nombreux Français appellent de leurs vœux  ». Cette volonté de changement vers la droite institutionnelle, pour aller chasser sur les terres des Républicains s’inscrit réellement dans la politique de la candidate frontiste de « dédiaboliser » le FN et d’en faire un parti capable de gouverner, dans la droite ligne de son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan. Cependant, cette stratégie est loin de faire l’unanimité : Jean Marie Le Pen a accusé Florian Philippot « d’être responsable de la défaite du FN » sur RTL, avant de refuser la proposition de sa fille : «  je ne laisserai pas le nom du Front national disparaître comme cela, il y aura un congrès et ce sera aux militants de décider, ce n’est pas à Monsieur Philippot de décider  ». Tension maximum au Front National donc, avant des législatives où le parti risque de se heurter une nouvelle fois à la règle majoritaire.

Sous pression d’En Marche !, la droite se rassemble pour les législatives

La droite des Républicains était décidément en centre des tractations politiques : si Marine Le Pen tente de rassembler sous son aile les éléments les plus droitiers du parti, les gaullistes étaient aussi dragués par En Marche !, au point que Bruno Le Maire, un des candidats à la primaire de la droite et du centre, ait annoncé : « je peux travailler dans une majorité de gouvernement », une déclaration qu’a très mal pris François Baroin, un des ténors du parti. Apprenant la déclaration à l’antenne, il a mis en garde son camarade de parti, lui rappelant que si d’aventure il se présentait sous l’étiquette En Marche !, il aurait face à lui un candidat LR. Une pression forte au rassemblement, avec des éléments de langage qui ne trompent pas : il s’agissait ce soir de « rassembler la famille de la droite et du centre » ; une « famille » bien meurtrie après cette présidentielle, qui espère tout de même pouvoir gagner les législatives.

Quel futur pour la gauche ?

La dernière inconnue des législatives reste les recompositions à gauche de Macron. En effet, face à un PS qui s’est écroulé au premier tour avec 6,35% des voix, le parti se déchire, alors que certains cadres ont tout simplement d’ores et déjà acté la mort du parti de Solférino. Comme nous l’avons dit plus haut, de nombreux cadres semblent déjà se rapprocher de Macron pour les présidentielles, mais une partie du PS semble vouloir faire autre chose. En effet, Benoît Hamon, un des tenants de la gauche du parti, a ainsi mis en garde le nouveau président : « si 65% des Français ont voté Emmanuel Macron, cette majorité n’existe pas pour démanteler le code du Travail par ordonnance, pour augmenter la CSG, supprimer l’ISF, supprimer des postes de fonctionnaires ou approuver les traités de libre-échanges  ». Il a ensuite appelé à un large rassemblement de gauche pour les législatives : «  si la gauche se rassemble, dans sa diversité -socialistes, écologistes, citoyens, communistes, insoumis, elle peut être majoritaire à l’Assemblée. Il nous appartient de surmonter les vieilles rancunes. Il faut un maximum de candidature d’union. J’y suis prêt.  »

Un rassemblement qui devrait peut être plaire aux militants de la France Insoumises, qui ont appelé à 65% d’entre eux à voter blanc ou s’abstenir. Jean Luc Mélenchon s’est par ailleurs exprimé pour appeler «  les 7 millions de personnes qui ont voté pour moi à rester unies [...] Fédérez-vous les gens, sans vous éparpiller, car vous avez vu qu’à 600 000 voix près, vous avez été éliminés du 1er tour  ». Contre le projet de Macron, qu’il a décrit comme étant « la guerre contre les acquis sociaux du pays », c’est aussi les législatives qui s’annoncent pour Mélenchon comme étant le prochain combat politique.

Quoiqu’il en soit la légitimité de Macron reste encore faible, et les appareils du PS comme les Républicains, bien qu’en mauvaises postures, comptent bien essayer de tirer leurs épingles du jeu et se monnayer au meilleur prix.




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