Société

Stop aux rafles !

Après l’évacuation de Stalingrad : que sont devenus les réfugiés de Maurepas ?

Publié le 15 novembre 2016

Le 4 novembre, 99 réfugiés en provenance du camp de Stalingrad évacué par la police, étaient bloqués dans leur car qui s’acheminait vers le gymnase municipal de Maurepas (78), pourtant réquisitionné par le préfet. En effet, 11 élus « Les Républicains », ceints de leur écharpe tricolore, leur barrait la route. Dix jours plus tard, que sont devenus ces 99 réfugiés, hébergés provisoirement à la salle des fêtes de Maurepas et confiés par le préfet des Yvelines à l’association AURORE ? C’est ce que deux camarades du NPA ont cherché à savoir en se rendant sur place.

Correspondants 78

Interdiction d’entrer

Un vigile privé bloque l’entrée et appelle deux membres de l’association AURORE. Ils expliquent qu’ils sont tenus de « protéger les réfugiés » et qu’il est impossible de les interviewer à l’intérieur de la salle des fêtes. Ils communiquent les coordonnées téléphoniques du service « Relations Presse » de l’association.

Des conditions d’hébergement inacceptables

Le service « Relations Presse » déclare que, dans la salle des fêtes, contrairement au gymnase, il n’y a aucune douche, seulement quelques toilettes. Les réfugiés qui veulent se doucher sont contraints d’emprunter une navette qui les emmène dans la ville voisine de Coignères.

Dissémination des réfugiés

Le 15 novembre, il ne reste que 20 réfugiés hébergés dans la salle des fêtes. Les 79 autres auraient été dispatchés dans des CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation) et des hôtels sociaux. Aucun ne serait en camp de rétention. Une trentaine d’entre eux seraient logés à Sartrouville.

Qu’est-ce que l’association AURORE ?

Association fondée en 1871 et reconnue d’utilité publique en 1875, elle s’occupait à cette époque de l’accueil et du reclassement des prisonniers libérés. Actuellement, elle s’occupe du logement et de l’alphabétisation des immigrés. Il n’en demeure pas moins qu’en l’occurrence, elle accepte, sans broncher, les conditions de la préfecture : isoler les réfugiés de toute influence politique et installer un cordon sanitaire autour d’eux en les empêchant de s’exprimer dans la presse.