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Politique

Avec la FDJ et Aéroports de Paris

Après la SNCF, le gouvernement veut privatiser la RATP

Le journal Les Echos a révélé aujourd’hui que le gouvernement allait bientôt soumettre au parlement une nouvelle loi, la Loi d’Orientation sur les Mobilités, avec notamment comme sujet central le passage à la concurrence dans le réseau de transports en commun francilien.

Le gouvernement a-t-il été rassuré par la défaite des cheminots ? La préparation par Elisabeth Borne et son administration de la loi LOM semble en tout cas démontrer que la ministre n’a pas peur des salariés de la RATP, puisque l’essentiel des discussions devrait porter sur l’ouverture à la concurrence du réseau public. Tout y passera, sans exception, malgré des dates éloignées pour les métros et RER (ouverture à la concurrence en 2039) ou les tramways (2029). Ce qui presse le gouvernement, c’est la prochaine ouverture à la concurrence du réseau des bus, qui, selon les directives européennes dictées par le patronat français, doit se faire d’ici 2024. Ce sont 350 lignes et 16 000 salariés qui sont concernés, pour 3,3 milliards de passagers par an.

Il faut dire que le gouvernement a préparé le terrain : après la nomination de l’ancienne PDG du groupe, Elisabeth Borne, au ministère des transports, sa remplaçante a été soigneusement choisie pour mener à bien l’ouverture à la concurrence. Diplômée de Sciences Po et de l’ENA, passée à la direction du Trésor, elle a surtout fait partie de l’équipe dirigeante d’Air France au moment où le capital de l’entreprise a été ouvert aux fonds privés. Une expérience de « dialogue social » que le gouvernement espère voir être mis en œuvre au moment où les salariés pourraient reprendre le chemin de la grève pour défendre leurs conditions de travail. Retenant la leçon de la bataille du rail, la PDG a d’ores et déjà annoncé qu’il « n’était pas question de toucher au statut ». Cependant, l’ouverture à la concurrence de la RATP (qui n’est rien d’autre qu’une privatisation ; aucune entreprise ne créait de nouvelles lignes ou n’achète des rames neuves) devrait se faire dans les mêmes conditions que celle de la SNCF, avec comme question centrale celle des transferts de personnels, car il évidemment impensable pour la patronne de voir les salariés de la régie partir de la boite en gardant leur statut !

Si pour l’instant une chape de plomb règne à la RATP, avec une féroce répression des militants syndicaux qui osent tenir tête à la direction, les attaques du gouvernement pourraient être le réveil des salariés d’une entreprise qui est capable, en quelques jours, de bloquer l’économie parisienne.

Crédits : REUTERS/Benoit Tessier




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