Notre classe

Solidarité avec les Arnaud, Alain et tous les réprimés du mouvement contre la loi travail

Après la grève, la SNCF réprime les cheminots

Publié le 26 septembre 2016

Comme à son habitude, après chaque grève de cheminots, la SNCF sort ses armes de répression internes. Le but pour elle est aussi bien de sanctionner les grévistes dans un esprit de vengeance, à commencer par les syndicalistes combatifs, que de saisir l’occasion de s’en débarrasser et de faire peur aux cheminots afin d’empêcher toute velléité de contestation future. Les méthodes sont dignes des enquêtes policières : visionnage de vidéos, recherche du moindre incident pour le dramatiser, convocations... La chasse aux grévistes est ouverte.

Nicolas Rossel

Deux cheminots se retrouvent actuellement pris dans des procédures disciplinaires, et ils risquent la radiation pour avoir osé débattre de la grève dans un train avec des usagers en rentrant chez eux après une manifestation, alors même qu’ils n’étaient pas en service. Jusqu’à présent on connaissait le risque de radiation des cheminots qui bloquaient les voies ferrées, désormais il serait interdit de discuter avec des usagers dans un train au nom d’un soi-disant « code de déontologie ». La SNCF cherche ainsi par tous les moyens à isoler les grèves et futures grèves en menaçant par de fortes sanctions les tentatives de liens avec les usagers.

De même, Alain, délégué Sud-rail rattaché à Paris-Est, est convoqué en conseil de discipline pour avoir participé à des actions de la grève, et notamment pour avoir donné une interview à la presse, qui ne rentrerait pas dans le « code de déontologie » de la direction. Autrement dit, si vous osez afficher vos désaccords avec la politique de la direction et que vous osez faire grève pour les exprimer, vous êtes convoqués en conseil de discipline. Ce sont des méthodes honteuses et dictatoriales de la direction qui cherche à museler toute dissonance. La démocratie, le droit de grève et la liberté d’expression sont en sursis permanent dans les entreprises, et notamment à la SNCF.

Quand la justice vient épauler la SNCF, cela donne lieu à des procès comme celui d’Arnaud qui a lieu le mardi 27 septembre à Amiens. La justice lui reproche, ainsi qu’à quatre lycéens, d’avoir participé à des actions de blocage du centre-ville lors d’une manifestation, et la SNCF le soupçonne d’avoir bloqué des voies ferrées. 200 personnes s’étaient déjà rassemblées le 2 août dernier pour le soutenir, son procès avait alors été reporté à ce jour.

Plus il y a de personnes, d’organisations syndicales et associatives et de partis politiques présents aux rassemblements de soutien, moins nos camarades de luttes se retrouvent isolés face à la machine répressive, et donc moins ils risquent des condamnations fortes. Ces procédures internes et judiciaires font partie du rapport de force global dans lequel le patronat et le gouvernement cherchent à nous écraser pour empêcher tout mouvement social comme celui du printemps dernier. C’est pourquoi il est très important de se mobiliser pour soutenir les militants du mouvement réprimés, qu’ils soient syndiqués ou non syndiqués, lycéens, étudiants ou salariés, ou jeunes racisés des quartiers populaires qui subissent de leur côté l’acharnement de la police quotidiennement. Adama Traoré en a payé le prix fort cet été, assassiné par la police qui se retrouve aujourd’hui prise dans un scandale judiciaire. Ce sont la même police, la même justice, les mêmes patrons qui s’acharnent contre nous, veulent nous diviser, nous réduire au silence et à l’obéissance. Résistons tous ensemble contre la répression.

Les rendez-vous à venir :
Mardi 27 septembre à 9h30 devant le TGI d’Amiens pour soutenir Arnaud et les lycéens
Jeudi 6 octobre à 13h Gare de l’Est pour soutenir Alain et exiger l’arrêt des répressions internes.