^

Politique

Il nous faut une suite, dans la rue et par la grève

Après le 21, rien n’est plié. Loin de là

La semaine dernière, pour la mobilisation du 12, les télés en continu nous bassinaient déjà les oreilles en disant que ce « n’était pas la mobilisation du siècle », certains allant même jusqu’à dire qu’il n’y avait personne dans la rue. Manque de pot, il y a avait quasiment autant de monde que le 9 mars 2016, au début de la mobilisation contre la Loi El Khomri. Cette fois-ci, on nous ressert la même sauce : moins de monde que la semaine dernière où il n’y avait personne… Un vrai paradoxe !

Les chiffres fantaisistes que l’on nous a servi sur le 12 n’ont pas empêché le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, de sortir de ses gonds à quelques reprises, en reprenant la vieille litanie de droite selon laquelle les grévistes prendraient « le pays en otage » et « emmerderaient les Français ». En effet, il y a eu beaucoup de monde, le 12 septembre, alors que personne ne s’y attendait, ni le gouvernement, ni les directions traîtres de la CFDT et de FO, ni les organisateurs, ni même les manifestants, qui allaient au-delà des badges cégétistes.

Et quand bien même il y aurait eu un fléchissement dans la mobilisation du 21, cela ne veut en aucun dire que c’est plié. Bien au contraire : avec la présence, dans les cortèges, d’UD, de fédé, de sections FO, CFDT, voire UNSA, en plus de la FSU, de Solidaires et de la CGT, appelant à la mobilisation, avec une présence plus importante des jeunes, cette fois-ci, la leçon à retenir c’est que nous avons besoin d’unité dans l’action, et d’action en continu.

Cela implique de dépasser la fragmentation des dates que l’on est en train de nous servir, avec les routiers en début de semaine, les retraités en fin de semaine, et les fonctionnaires à la mi-octobre. Ce qu’il faut, au niveau de nos organisations politiques et syndicales, c’est de se mettre autour d’une table et frapper tou-te-s ensemble ! Cela, il faut l’exiger en AG, en réunion interpro, en coordination, pour exiger la fin des personnalismes, des manifs en solo et, au contraire, construire, collectivement, le rapport de forces.

Quelle que soit la fermeté de façade affichée, Macron a peur de la coagulation. En ce sens, le gouvernement tente de « déminer » tous les sujets de conflits les uns après les autres, d’abord en recevant les routiers, ou encore la fonction publique au travers de l’ouverture de trois mois de concertation, et même dans la jeunesse au travers d’un « plan étudiant » qui est en cours de préparation.

Face à ces tentatives de désamorcer toutes convergences des luttes, plus que de flancher, comme sous-tend le changement de ton de Martinez qui exige désormais un « débat sur le contenu des ordonnances », ce dont il s’agit, c’est de réaffirmer le retrait total des ordonnances qui ne sont ni amendables ni négociables. Pour cela, ce qu’il faut, c’est coaguler ses peurs en coordonnant nos combats. La journée du 21, qui était loin d’être un baroud d’honneur, appelle à des suites, rapidement, et avec des perspectives en termes de reconductible. Si ce n’est pas ce qui s’entendait dans les carrés de tête syndicaux des grandes villes, c’est ce qui se scandait dans les cortèges. Plus que jamais, construire le « tou-te-s ensemble ! »




Mots-clés

Philippe Martinez   /    Loi travail 2   /    Édouard Philippe   /    Edito   /    Emmanuel Macron   /    CGT   /    Politique