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Politique

Le nouveau gouvernement à l'offensive

Après le remaniement, la bataille sur la réforme des retraites se poursuit !

Suite à l'offensive menée à l'égard de Mélenchon et de la LFI, ayant permis au gouvernement de faire oublier le temps de quelques jours son remaniement laborieux et la crise profonde qui le sous tend, Macron et son nouveau gouvernement repartent à l'attaque et préparent la mise en place des prochains chantiers. En premier lieu, la réforme des retraites, qui constitue le grand enjeu et test du quinquennat.

Après l’offensive menée contre Mélenchon et la France Insoumise : perquisitions simultanées, plaintes contre « violences » et « menaces » à leurs égard et déferlante médiatique, qui a permis temporairement à Macron de faire oublier la situation de crise profonde dans laquelle la macronie se trouve actuellement - remaniement gouvernemental laborieux, diverses affaires et barbouzeries à l’instar de l’affaire Benalla et Kohler – l’exécutif repart sur le pied de guerre et prépare les prochains chantiers à venir. Alors que le gouvernement tente de renouer le dialogue et le lien avec les collectivités et les élus locaux, ce dernier poursuit parallèlement son offensive à l’égard du mouvement ouvrier et des retraités, avec la reprise des concertations sur la réforme des retraites.

En effet, les discussions entre le gouvernement et les organisations patronales et syndicales vont reprendre ce lundi 22 octobre, dans le cadre du processus de concertation mis en place en avril dernier. Une concertation organisée par l’exécutif dans le but de contenir au maximum le potentiel explosif que peut engendrer la réforme des retraites. Une explosibilité renforcée par l’affaiblissement grandissant de l’exécutif et de l’impopularité de sa politique antisociale. Dans la mise en place de cette attaque historique contre l’un des acquis centraux du mouvement ouvrier, Macron peut compter et profiter de la complicité des organisations syndicales.

Le haut commissaire chargé de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a confirmé la nature et les enjeux de cette réforme : démantèlement du système des retraites actuel, à travers la suppression de tous les régimes spéciaux actuels ; fin du calcul des retraites sur les 25 meilleurs années dans le privé ou les 6 derniers mois dans le public ; instauration d’un régime à point, qui permettra de baisser le montant des retraites qui seront fixées selon la « valeur du point », qui variera elle selon la croissance économique et démographique ; mise en place d’un âge pivot. De son côté la CFDT, au travers de Laurent Berger, estime avoir été entendue lors des premières phases des concertations et se dit satisfaite des contours que prennent cette réforme.. ! Du côté de FO, si Pavageau incarnait une ligne un peu plus « contestataire » que celle de la CFDT, ce dernier s’était dit, avant de démissionner, satisfait d’avoir obtenu dernièrement « plus d’éléments concrets que lors des six derniers mois ». Si la CGT déclare quant à elle être contre cette réforme, sa présence autour de la table des négociations pour discuter le poids des chaînes avec l’exécutif, à l’heure où Macron est plus affaibli que jamais, ne fait que renforcer le gouvernement pour faire passer cette attaque.

La colère et la vapeur chez les retraités, mais également au sein du monde du travail et de la jeunesse, sont bel et bien présentes, à l’image de la manifestation du 9 octobre, qui a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes, contre toute attente tant la date avait peu été préparée par les directions syndicales, ou encore des mobilisations importantes de retraités comme ce jeudi 18 octobre. Mais pour faire reculer le gouvernement sur l’ensemble des attaques déjà mises en place et futures, les directions du mouvement ouvrier doivent rompre avec les négociations, et donner une perspective structurées à ces colères qui s’accumulent.




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