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Répression syndicale

Après les débrayages du personnel, Amazon cherche à licencier une syndicaliste pour des violences imaginaires

Alors que les syndicats négocient actuellement à l’occasion des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), la direction d’Amazon Châlons a décidé de licencier une représentante CHSCT. En cause ? Une claque imaginaire donnée à un manager, mais surtout les grèves menées par la CGT ces derniers temps.

Face aux profits faramineux d’Amazon, la précarité des salariés de Châlons

Chez Amazon France, la précarité est la règle pour tous : de très nombreux intérimaires payés au SMIC sans sécurité de l’emploi, des conditions de travail exécrable, constamment sous l’œil du patron et de ses caméras et chronométré, même quand vous allez aux toilettes !

Face à ces conditions de travail, beaucoup de salariés demandent tout simplement une amélioration de leurs conditions de travail, et les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) ont été l’occasion pour les salariés de faire entendre leur voix. Ainsi, le 1er juin, c’étaient près de 130 employés qui ont débrayé pour protester contre leurs conditions de travail. Un peu plus tard dans le mois, sur le site de Châlons, c’est près de 50% des salariés qui ont débrayé, malgré la pression des managers et un nombre d’intérimaires beaucoup plus grand.

En jeu, la rémunération des travailleurs : pour le groupe, qui employait 230 000 employés en 2015 et dont les bénéfices s’élèvent à 2,25 milliards de dollars pour 2016, l’enjeu est de tirer à la baisse tous les salaires. Ainsi, durant les négociations, Amazon a annoncé vouloir supprimer l’échelon T2, c’est à dire un poste un peu plus qualifié que l’emploi de base, et rémunéré 200€ de plus par mois.

Comme l’explique Alain Jéault, délégué syndical central d’Amazon France, « il n’y aura plus aucun espoir d’évoluer vers quoi que ce soit ; c’est la précarité à vie. Tu rentres comme T1 (le salaire de base) et 30 ans après tu seras toujours T1 ». Ainsi, un salarié embauché cette année ne toucherait à l’embauche que 10€ de l’heure. Face à cela, la CGT souhaite opposer une résistance pour une réelle augmentation, et pousser à 1800€ brut par mois le salaire de tous les employés, alors que beaucoup sont aujourd’hui proches du SMIC.

La direction licencie une élue CGT pour réprimer toute combativité des salariés

Si les textes issus des NAO n’ont été signés par aucun syndicat, les débrayages qu’a initié la CGT n’ont pas du tout plu à la direction, qui a décidé de poursuivre une élue du CHSCT, Sandrine, pour avoir frappé un manager. Un acte de violence qui est totalement inventé et qui n’a pour objectif que de licencier une syndicaliste.

Cependant, le syndicat, qui a pu avoir accès au dossier nous confie que celui-ci est vide : les témoignages, factices, ne sont ni signés ni datés… Malgré tout, après quatre semaines de mise à pied, Sandrine a reçu une lettre de licenciement pour faute grave. Comme l’explique Alain Jéault, « c’est très simple : ils essayent de nous faire taire et de museler la CGT ». Face à cette répression individuelle, le syndicat appelle à un rassemblement le mercredi 28 juin devant le site d’Amazon Châlons. L’UL CGT de Châlons et la CGT d’Amazon Douai ont d’ores et déjà répondu présent pour soutenir l’élue du personnel. Car même dans la répression, Jeff Bezos, PDG d’Amazon et troisième fortune mondiale avec 72,8 milliards de dollars, et ses sbires n’ont aucune pitié : ils ont choisi une salariée particulièrement éprouvée psychologiquement après le décès de sa mère il y a un mois, et dont la mise a pied puis le licenciement met dans une misère totale, avec un fils à nourrir. C’est donc contre une direction qui n’a d’autre valeur que la cupidité et le profit que les salariés se mobiliseront en solidarité avec Sandrine.

Crédits illustration : CGT




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