^

Politique

Escroquerie sur le nombre de suppressions prévues dans l’Education

Après les mensonges de Benalla, les mensonges de Blanquer

On connaît l’attachement du ministre de l’Instruction publique (pardon… de l’Education) pour la dictée et le calcul. On ne saurait que trop conseiller à Jean-Michel Blanquer de prendre quelques cours de soutien, car il a quelques soucis avec les soustractions : 1800 postes supprimés, pour la rentrée 2019, ou près du double ? Le ministre se trompe dans ses calculs, ou il ment de façon éhontée ? C’est devenu la mode, à La République en Marche…

Crédits illustration : Affiche "Le menteur" De Pierre Corneille ; Mise en scène Julia Vidit Cie Java Vérité

Le gouvernement avait annoncé, dimanche, 1800 suppressions de postes dans l’Education, pour la rentrée prochaine. « Pas de panique », avait pointé, très sérieux, Jean-Michel Blanquer, sur l’antenne de France Inter. Tout ça allait se faire pour le plus grand bénéfice des élèves…

Montant le primaire contre le secondaire, Blanquer a donc insisté sur le fait qu’au prétexte de concentrer les efforts sur le début de la scolarité des coupes seraient faites au collège et au lycée. Un raisonnement absolument logique. Digne d’un épicier qui escompte escroquer les pigeons.

Et sur France Inter, lundi matin, envoyé en service-après-vente par Macron, on a entendu Blanquer détailler, « exemples » à l’appui, que dans certains lycées il pouvait y avoir des classes de Terminale S à 35 côtoyant des Terminales L à 10, ou encore que dans un collège du Sud-Ouest on lui avait parlé d’un enseignant qui ne travaillait que 10h (sur les 18h de service). D’où le nécessaire dégraissage dans le secondaire… Le mensonge est un peu gros, et les ficelles tout autant. Mais la malhonnêteté de Blanquer, l’un des derniers poids-lourds médiatiques du gouvernement, maintenant que Hulot est parti, que Collomb est sur le départ et que les autres sont toujours autant invisibles, ne s’arrête pas là.

En effet, ce ne sont pas 1800 postes qui vont disparaître, mais bien 2600, voire 3200, si l’on rajoute les suppressions dans l’enseignement privé sous-contrat (qui continue, en France, à être grassement financé par l’Etat). « 1800 », ce n’était que le solde négatif entre les créations et les suppressions. Mais ces dernières se montent, bel et bien, à 2600 postes en moins dans l’enseignement public, dont 400 pour le personnels administratifs, autant que tout un rectorat d’académie et presqu’autant que les 550 postes qui avaient été créés sous Hollande.

Habitué à monter les uns contre les autres, évoquant un soi-disant « grand rééquilibrage que tout le monde réclame [mais qui donc ???], et qui n’a jamais été fait », Blanquer s’est fait démasquer. Ce jeudi, il n’a d’ailleurs pas honoré ses rendez-vous dans le 93, craignant d’y rencontrer des enseignants et des personnels en colère. Ces derniers n’auraient pas manqué de lui faire remarquer que le boom démographique des années 2000 n’est pas encore dépassé et que les effectifs du secondaire vont continuer à augmenter. Blanquer n’en a cure.

Les syndicats, de leur côté, n’ont pas pu ne pas se dire choqués. Au niveau du SNES, la principale organisation dans le secondaire, on parle de « méthodes héritées des années Sarkozy ». Ce n’est que maintenant que les dirigeants syndicaux découvrent que Blanquer a longtemps été le porte-flingue de Sarkozy à l’Education, lorsqu’il était recteur de l’Académie de Créteil puis Degesco, à savoir numéro 2 du ministère ? C’est au cours de cette période que Sarkozy a réussi à supprimer 80.000 postes d’enseignants, avec des conséquences catastrophiques.

Cela fait des mois que les directions syndicales, à commencer par le SNES et, plus globalement, les syndicats d’enseignants de la FSU, n’ont guère montré d’entrain pour organiser un plan de bataille pour l’éducation. Un plan de bataille qu’il faudrait organiser pour les enfants, pour les jeunes et pour les personnels si l’on ne veut pas se retrouver avec un système encore plus inégalitaire et avec des conditions de travail totalement dégradées et précarisées dans un futur proche. Face à la nouvelle saignée annoncée mais pas assumée par le ministre, le SNES parle « d’actions » avant les vacances de la Toussaint, c’est-à-dire dans un mois et demi. Le compte n’y est pas.

Blanquer, lui, est bien conscient de la colère qui monte chez les personnels. C’est la raison pour laquelle il a annulé, ce jeudi, un déplacement dans le 93. Lui, aussi, comme tant d’autres Marcheurs, commence à sentir le vent tourner ? Il y a fort à parier qu’il y aura un comité d’accueil, ce vendredi, à Toulon, pour la visite de com’ qui est organisée par Blanquer dans un collège Rep+ de La Marquisanne de Toulon pour faire oublier l’annulation de la veille.




Mots-clés

Jean-Michel Blanquer   /    Collèges   /    Emmanuel Macron   /    Lycées   /    Education   /    Politique