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Notre classe

Fin de conflit

Après seulement 6 jours de grève, la direction de la CGT-Transports lève les blocages

Les conducteurs de matières dangereuses étaient en grève depuis vendredi dernier pour obtenir des avancées sur leurs conditions de travail. La grève et les blocages ont été levés hier, malgré peu d’avancées sur les revendications des grévistes.

crédit photo : LP/ARNAUD DUMONTIER

Six jours de grève et une pénurie d’essence dans toute l’Ile-de-France

La grève des conducteurs de camions citerne, qui a débuté vendredi dernier s’est très rapidement généralisée à toutes les entreprises de transport d’Ile-de-France, au point où mardi, près de 400 stations-services étaient à sec et 400 sur le point de l’être, concentrées dans la première région économique française. C’était là la plus grande force de la grève, bien que cela n’ait pas touché directement les sites stratégiques de la production comme le mouvement dans les raffineries pendant la loi Travail, c’est le transport de carburant qui a été touché. Une perspective dont s’est inquiété le patronat, qui a même évoqué la possibilité de mettre en place un « service minimum » pour les grévistes, de manière à les empêcher de faire grève comme bon leur semble.

Une grève isolée pendant les concertations sur la réforme du droit du travail

Si près de 70% des conducteurs franciliens ont pu se mettre en grève, force est de constater que le mouvement ne s’est pas étendu à d’autres secteurs d’activité. Seuls les opérateurs de chargement ont rejoint plus ou moins le combat, mais ni les raffineurs, ni les conducteurs « normaux » ou d’autres secteurs attenants n’ont pu installer une convergence avec les conducteurs en grève. La grève est donc restée assez isolée, d’autant plus que nationalement le gouvernement a commencé à discuter avec les syndicats pour préparer la seconde loi travail, en tentant d’isoler la CGT et en ramenant FO sur le terrain du réformisme et du « dialogue social ». C’est d’ailleurs ce qui s’est vu sur le terrain de la grève : seule la CGT a appelé à débrayer, tandis que les directions locales de FO et de la CFDT ne se sont pas mises dans le mouvement, alors même que certains de leurs syndiqués s’étaient mis en grève. Un isolement qui a empêché toute intersyndicale de s’opposer clairement au patronat qui a pu faire la sourde oreille.

La grève est levée, sans qu’aucune revendication ne soit acceptée

Malgré la forte pression qu’ont pu mettre en œuvre les salariés envers le patronat, aucune des revendications portées par le mouvement, notamment sur la baisse du temps de travail, sur la requalification des conducteurs de camions citerne, ainsi que sur les rémunérations n’ont été satisfaite. En effet, la seule « victoire » de la grève a été d’obtenir un calendrier de rencontres et de négociations avec le patronat : c’est une « table-ronde » qui a été obtenue le 16 juin entre le patronat (transporteurs et donneurs d’ordres, c’est-à-dire les pétroliers) et les syndicats. La révision du contrat type des travailleurs, qui a été mise en chantier n’est pour l’instant pas obtenue. Finalement, un « groupe de travail » pour le 19 juin est prévu pour la refonte des classifications dans le cadre de la réforme de la convention collective. Rien de gagné pour l’instant donc, à part des promesses et des dates de négociations, toutes après le second tour des législatives, ce qui permet donc au gouvernement de temporiser pendant sa campagne législative.

On peut s’interroger sur la décision de la levée de la grève par la direction de la CGT, alors que la majorité des pompes étaient à sec en Ile-de-France et que les réservoirs des automobilistes commençaient à l’être aussi. En effet, la poursuite du mouvement aurait sûrement permis de forcer les chefs des entreprises de transports à accéder aux revendications des conducteurs, là où aujourd’hui ils ont pu temporiser et remettre à demain ces négociations. Avec une stratégie visant à étendre le mouvement avec les raffineurs, on aurait aussi pu imaginer que ce mouvement de grève aurait pu être un premier tour de chauffe pour préparer le combat contre la loi Travail 2, et préparer les esprits aux combats à venir pour la riposte anti-Macron.




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