Monde

Et Marine Le Pen apporta son soutien au candidat républicain

Après son passage à Mexico, Trump réaffirme sa ligne dure anti-immigrés

Publié le 1er septembre 2016

Frédéric Apoyo

Ce mercredi, c’est un Donald Trump en perte de vitesse dans les sondages qui a effectué un voyage surprise au Mexique. Quelques heures plus tard, le candidat républicain réaffirmait ses positions xénophobes en Arizona. Un discours qui lui a valut d’être soutenu par... Marine Le Pen.

La nouvelle avait surpris. Après plus d’un an d’insultes permanentes envers les immigrés issus de la communautés mexicaine, le milliardaire avait notamment qualifié ces derniers de « criminels et violeurs », Trump se rendait ce 31 août à Mexico. En perte de vitesse dans les sondages, le candidat à la maison blanche semblait jouer son va-tout pour se relancer. A Mexico, Trump a clairement adouci son discours, qualifiant le peuple mexicain d’« incroyable » et assurant vouloir entamer des « discussions constructives » avec le président Peña Nieto. Un ton policé, sensé séduire l’électorat plus modéré du parti républicain, qui tranche avec celui tenu lors de son discours le soir même à Phoenix, dans l’Arizona.

Alors que le président mexicain a réaffirmé à Donald Trump qu’il ne paierait pas pour le mur prévu par le candidat républicain, ce dernier a répliqué le soir même « Le Mexique paiera pour le mur, croyez-moi, à 100 %. Ils ne le savent pas encore, mais ils paieront pour le mur » avant de se fendre d’une saillie xénophobe dont il a le secret. « Nous allons briser le cycle des amnisties et de l’immigration clandestine [...] Notre message au monde sera : vous ne pourrez pas obtenir de statut légal ou devenir citoyen des Etats-Unis en entrant illégalement dans notre pays » tout en affirmant qu’il expulsera, « dès la première heure » deux millions de clandestins « criminels ». Un discours qui aura ravi son électorat le plus réactionnaire et droitier ... comme des figures d’extrême droite à l’échelle internationale. C’est ainsi que Marine Le Pen a réaffirmé ce premier septembre son discours anti-Clinton, estimant « qu’Hillary Clinton, c’est la guerre. Hillary Clinton, c’est la dévastation, c’est le déséquilibre du monde » avant de se comparer dans une déclaration soi-disant anti establishement, s’est comparée directement à Donald Trump : « Nous ne sommes pas du sérail, nous ne participons pas du système, nous ne dépendons de personne, nous n’allons pas prendre d’ordres auprès de telle puissance financière ou de tels intérêts de multinationales ». Doit-on rappeler à Marine Le Pen que Trump est milliardaire et possède un véritable empire économique ?

Rien de nouveau sous le soleil, en somme. Donald Trump poursuit son chemin à la présidence américaine, sans dévier d’un iota de sa ligne xénophobe, jouant la carte de la surenchère pour inverser une tendance qui le donne de plus en plus perdant. Une façon de devenir une personnalité emblématique de l’extrême droite américaine ? Le voici en tous cas adoubé par Marine Le Pen, spécialiste en discours populistes au détriment des intérêts des travailleurs. Et quoique ces deux personnages xénophobes peuvent prétendre, leur position est résolument du côté de leurs bourgeoisies respectives.