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Société

Pas d'immunité ouvrière

Arcelor Mittal : licencié après avoir « révélé avoir déversé de l’acide dans la nature »

Un chauffeur de camion transportant des produits toxiques, sous-traitant de l'entreprise Arcelor Mittal Florange, affirme que la direction de l'entreprise lui a demandé de déverser une quantité importante de produits toxiques en pleine nature.

Crédit photo : ČTK

Depuis ce matin, une vidéo tourne sur les réseaux sociaux et sur toute la toile et a été visionnée plusieurs millions de fois. On peut voir, durant ces quelques minutes, un chauffeur de camion sous anonymat, déverser des produits toxiques, principalement des acides, en pleine nature. Il explique qu’il a libéré plusieurs centaines de mètres cube d’acides durant trois mois, au lieu de recycler ces matières dangereuses. L’entreprise dément, elle, tout risque pour la santé !

L’entreprise qui souhaite augmenter ses profits ne s’embarrasse pas et jette à l’arrière de l’usine ces produits, alors qu’ils devraient être traités par une entreprise spécialisée dans le recyclage de ces matières et le traitement de la toxicité de certains éléments dangereux.

J’ai déversé de l’acide d’ArcelorMittal Florange dans la nature

Pas d’immunité ouvrière

Ce chauffeur qui travaillait en intérim pour un sous-traitant de l’entreprise a décidé de se renseigner par le biais d’un pompier qui travaillait pour Arcelor Mittal. La direction a eu vent du questionnement du travailleur et a décidé de le licencier pour motif de « rupture de discrétion commerciale ». Depuis, il est au chômage et n’arrive pas à retrouver du travail à cause précisément du motif de licenciement.

C’est ainsi qu’il raconte comment cela se passait tous les jours : « Je transportais l’acide usagé. normalement je devais le ramener dans un centre de recyclage à maloncourt, mais on me disait de charger l’acide et d’aller au crassier, avec la complicité de salariés d’arcelor qui me donnaient les bons eux-même. les bons n’indiquaient pas que c’était de l’acide. ils indiquaient seulement que c’était de la boue de fer ou de la boue d’épuration. j’arrivais à florange, à la cockerie, au pc sécurité, et là je me retrouvais dans un crassier à brancher mes tuyaux et déverser mon chargement en pleine nature, directement au sol. les rochers éclataient à cause de l’acidité du produit. le soir je rentrais avec les yeux rouges. »

Dernièrement les chauffeurs de produits dangereux avaient appelé à la gréve illimitée pour demander de meilleures conditions de travail ainsi que de meilleures rémunérations. Alors que ce salarié par acquis de conscience a préféré poser les questions sur les produits jetés, la direction lui répond par un licenciement alors qu’il était justifié de pointer ce grave manquement d’un point de vue sanitaire. Une illustration de plus que nos vies comptent peu face à leurs profits.




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