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Monde

Ils revendiquent la dictature

Argentine. Graves menaces de mort contre Nicolas Del Caño, député d’extrême-gauche

Le député argentin du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) Nicolas Del Caño a reçu sur son téléphone portable personnel des menaces de mort émanant de différents endroits du pays. Nous condamnons fermement ces agissements.

Le Parti des Travailleurs Socialistes anime LaIzquierdaDiario.com en Argentine, quotidien numérique appartenant au même réseau que Révolution Permanente.

Myriam Bregman, également élue du PTS à l’Assemblée Nationale argentine, a dénoncé lundi après-midi les menaces de mort reçues par son camarade Nicolas Del Caño sur son téléphone portable. Ce dernier est député pour la province de Buenos Aires.

« Mon camarade Nicolas Del Caño reçoit en continu depuis une heure des dizaines de menaces de mort, envoyées de manière coordonnée depuis différents points du pays »

Les menaces ont été envoyées sur le portable du député du PTS par différents numéros dans la journée du lundi 24 septembre. Sur les captures d’écran illustrant cet article, on peut voir que ces messages morbides contenaient des dessins et des photos de Videla, le général qui a dirigé l’Argentine sous la dictature après le coup d’État de 1976 et organisé la répression d’État ayant notamment conduit à la mort (ou la « disparition forcée ») de milliers de militants d’extrême-gauche. Ces images s’accompagnent de légendes faisant très clairement allusion aux actions des militaires génocidaires.

Au cours de la nuit, les messages envoyés par différents numéros téléphoniques ont continué, comprenant tous types de commentaires insultants et menaçants.

Des représentants du PTS et du FIT (Frente de Izquierda, coalition de plusieurs organisations trotskistes dont fait partie le PTS) ont indiqué qu’ils rassemblaient tous les documents nécessaires pour porter le dossier en justice.

Peu de temps après que Nicolas Del Caño a dénoncé publiquement ces menaces coordonnées, il a reçu d’innombrables démonstrations de solidarités. Dans l’après-midi, le hashtag #RepudioAmenazasADelCaño (« Je condamne les menaces envers Del Caño ») figurait en Top Tweet en Argentine.

Ces menaces constituent un fait extrêmement grave et s’ancrent dans un contexte politique répressif, alimenté par le gouvernement argentin et par les grands médias du pays. C’est ce même gouvernement Macri qui a lancé à plusieurs reprises des attaques contre la gauche et l’extrême-gauche et plus largement contre les différents secteurs de l’opposition – les dirigeants ouvriers et syndicaux, les figures du mouvement social, les peuples autochtones et les organisations de défense des droits de l’homme.

Ce discours menaçant et répressif porté par le gouvernement – une forme de harcèlement médiatique et politique permanent envers l’opposition – contribue grandement à créer un climat propice aux actions de groupes fascistes ou fascisants, à l’origine des menaces contre Del Caño et l’extrême-gauche en général.

Qui plus est, ces menaces interviennent à la veille de la grève nationale appelée ce mardi en Argentine. Comme le veut la tradition ouvrière, les organisations combatives de gauche, syndicales et politiques, ont prévu d’organiser des blocages de plusieurs axes routiers importants dans l’ensemble du pays. Et le ministre de la Sécurité, fidèle au discours gouvernemental, à d’ores et déjà évoqué la répression si ces blocages étaient mis en place.

Par ailleurs, les menaces reçues par Del Caño ont été envoyées tout juste deux semaines après l’enlèvement et les actes de torture perpétrés contre l’enseignante Corina de Bonis. Les tortionnaires lui avaient violemment enjoint de cesser de faire de la politique et de se rendre aux manifestations, en gravant notamment un message menaçant sur son ventre à l’aide d’un poinçon. Cette action brutale avait également été encouragée par le discours virulent du gouvernement contre les revendications des enseignants argentins.

Dans ce contexte, les menaces reçues par Del Caño constituent un fait extrêmement grave, qui doit être fermement et publiquement condamné par l’ensemble des organisations qui défendent – ou prétendent défendre – les libertés démocratiques.




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