^

Monde

Campagne internationale contre les licenciements à Pepsico

Argentine : Journée nationale de lutte contre la fermeture de Pepsico et les licenciements

600 postes de travail supprimés. 600 familles à la rue. Une énorme solidarité entoure les travailleurs de la multinationale Pepsico en lutte contre les licenciements et la fermeture de l’usine. Une journée nationale de lutte a été décidée par de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives. Aucune usine ne doit fermer ! Aucune famille à la rue !

Une bataille qui s’annonce longue mais les ouvriers sont déterminés

Les patrons de la multinationale Pepsico, lorsqu’ils ont décidé de laisser un papier accroché au portail pour annoncer que l’usine fermait ses portes, sans plus, n’ont pas forcément compté sur la détermination et le courage des ouvriers.

Suite à l’annonce de la direction, les ouvriers de l’usine, dont une majorité de femmes, se sont réunis en assemblée générale, et ont massivement voté l’occupation de l’usine. Les travailleurs sont conscients que l’occupation de l’usine ne peut pas régler tous les problèmes, et voient cette occupation comme une base arrière pour déployer la lutte. Leur objectif est de diffuser leur lutte, de créer la convergence, rentrer en contact avec d’autres secteurs qui subissent également les licenciements et les fermetures d’usine. C’est une véritable guerre sociale qui est menée contre eux. Et ils sont prêts à se défendre et à lutter jusqu’à la victoire.

Ce sont les femmes qui paient le plus cher les plans de licenciements

Comme dénoncent les ouvrières de l’usine dans une lettre qu’elles ont adressé à toute la communauté et à tous les travailleurs du pays, « quand la plupart d’entre nous sommes arrivées dans cette usine, on travaillait 16 heures par jour. On était obligées de faire des heures sup, c’était le seul espoir pour réussir à décrocher un CDI après plusieurs mois de contrat ». Après des années de lutte et d’organisation, elles ont réussi à impliquer leurs collègues hommes dans leur lutte, pour obtenir des améliorations dans leurs conditions de travail.

Aujourd’hui, elles subissent les licenciements. Beaucoup d’entre elles sont des femmes seules, avec des enfants à charge. Le poids des chaînes est donc double, voire triple pour elles. Mais comme elles affirment dans la lettre qu’elles ont écrit, « On sait qu’on n’est pas seules, nous sommes des milliers à être dans la même situation. Nous voulons qu’aucune famille ne se retrouve à la rue, et nous avons besoin de lutter tous et toutes ensemble pour gagner ».

Journée nationale de lutte en défense des ouvriers de Pepsico et contre les licenciements

Les ouvriers de l’usine Pepsico sont la pointe visible de l’iceberg, mais le problème du chômage touche de millions de personnes en Argentine. La variable d’ajustement pour les patrons ce sont toujours les travailleurs. C’est bien pour cela que les ouvriers et ouvrières de Pepsico ont lancé un appel à tous les travailleurs à se mobiliser. Une première rencontre, en présence de dizaines de délégués du personnel, syndicalistes de différents secteurs, aéronautique, cheminots, fonctionnaires, enseignants, travailleurs de l’industrie graphique, automobile, de l’agroalimentaire, etc, ainsi que des militants associatifs et des figures du mouvement pour les droits de l’homme, des avocats qui défendent les travailleurs, ont discuté et décidé d’une première action forte, d’ampleur nationale, pour le mardi 4 juillet, avec des blocages et des actions dans plusieurs points du pays. L’objectif est de monter la solidarité et le soutien qu’ont les 600 familles qui luttent aujourd’hui pour maintenir leurs emplois.

Des actions ont d’ores et déjà commencé à s’organiser, à l’image du festival aux portes de l’usine avec les familles et les enfants des travailleurs, et un tournoi de foot solidaire avec les travailleurs d’autres usines de la banlieue nord de Buenos Aires, afin de récolter de l’argent pour la caisse de grève.

Une campagne internationale qui prend de l’ampleur

Une chose est sûre : la solidarité ne se fait pas attendre, aussi bien à l’échelle nationale qu’à l’internationale. Les travailleurs et travailleuses de la multinationale Pepsico ont déjà reçu de nombreuses expressions de soutien. Des syndicalistes et des travailleurs de Chili, Bolivie, Pérou, Mexique, ainsi que de l’Etat espagnol, l’Allemagne et la France ont envoyé des vidéos et des photos en solidarité.

Pour ce qui est de la France, voici le soutien de la part des grévistes de l’Hôtel Campanile Tour Eiffel, qui viennent tout juste d’obtenir une victoire après 43 jours de grève :




Mots-clés

Pepsico   /    Grève   /    Argentine   /    Monde