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Monde

Les syndicats combatifs se réunissent à la fac pour s’organiser

Argentine : Rassemblement contre la réforme du travail à la fac

Face à l’attaque directe du gouvernement Macri avec la réforme du travail, dans un contexte d’attaque néolibérale au droit du travail, le cas Argentin est particulièrement intéressant en ce qui concerne l’organisation des ouvriers des syndicalistes combatifs. Ce jeudi, après avoir bloqué une partie de la ville à l’appel de la centrale syndicale de Pepsico, ils se sont regroupés sous forme de plénier dans l’Université de Buenos Aires, faculté de Sciences Sociales. L’expression d’une organisation d’une partie des ouvriers contre la bureaucratie syndicale, appuyés par la solidarité directe des étudiants.

Une réforme du travail anti ouvrière sans précédent.

Flexibiliser le travail, attaquer les conquêtes sociales construites par des années de luttes, et ce main dans la main avec le patronat, le projet du gouvernement Macri est une attaque sans précédent, et peut nous intéresser dans le cadre des ordonnances de la loi Travail du côté de l’hexagone. Sans nous attarder sur sa complexité, en de larges termes, il englobe un ensemble de normes de précarisation qui ne nous sont pas tant étrangères : supprimer la journée de 8 heures, permettre au patronat d’actualiser à leur gré le nombre d’heures pour chaque ouvrier (sans une moindre considération des vies personnelles de chacun d’entre eux). La réforme sous-tend notamment le projet de passer de contrats par branche à des contrats par entreprise – voire bien pire, dans un pays où les structures d’organisations des ouvriers effraient les patrons, à des contrats aux normes particulières à chaque ouvrier. La clé de toute cette réforme, le recours aux sous-traitants, cadre le plus précarisé du système entrepreneurial du pays, et par l’intermédiaire duquel il sera le plus simple de privatiser le système de couverture de santé. Un esprit général de loi qui n’a rien d’étonnant, malgré sa violence, et qui avec la complicité de la bureaucratie syndicale force les travailleurs les plus combattifs à s’organiser à travers de nouveaux moyens. Plusieurs éléments de radicalisation, comme la présence de la gauche du pays dans différentes listes syndicales, ainsi que la radicalité de la lutte des 600 ouvriers de Pepsico face au Congrès, ont fait réfléchir aux modes d’organisations et de solidarité contre le gouvernement.

Face à l’attaque du gouvernement et à la complicité des bureaucrates et de l’opposition parlementaire, l’organisation des ouvriers appuyée par les étudiants pour une riposte politique.

C’est là qu’intervient l’expérience à laquelle nous avons assisté, à savoir l’organisation d’un plénier en toute indépendance de classe, combatif et démocratique organisé par différentes branches du syndicalisme de Buenos Aires dans l’université de Buenos Aires en lien direct avec les étudiants. Un cadre d’auto-organisation auquel se sont joints étudiants et militants pour discuter des futures mesures, à la fois de mobilisation et d’organisation. L’opportunisme de la Confederacion Général del Trabajo (CGT) qui s’est proposée aux accords avec le gouvernement a convaincu de nouveau toute une partie de la base ouvrière à s’organiser. Une expérience particulièrement intéressante de la démocratie des travailleurs, lorsqu’une branche en lutte, impulsée par l’organisation des « Agrupaciones Clasistas » organisé par le Parti des Travailleurs Socialistes, appelle les plus radicaux à la rejoindre pour la soutenir et que cette action aboutit à un réel cadre décisionnaire avec les employés et étudiants de l’université. Ces mêmes étudiants étant tout autant touchés par cette réforme, puisqu’une une majorité travaillant déjà. En sont sorties plusieurs décisions débattues et discutées pendant plusieurs heures qui ont ensuite fait office d’un soutien national venu de plusieurs initiatives similaires à travers le pays. Si l’histoire Argentine permet de ne pas s’étonner de tels moments,de tels cadres pourraient jouer un rôle pour remettre au goût du jour la tradition de solidarités étudiantes ouvrières dans l’Hexagone, dans le cadre d’une attaque néolibérale du gouvernement Philippe contre les avancées des droits des travailleurs. En effet, plus que jamais, il est nécessaire de construire des cadres d’auto-organisation. Des alliances étudiants/travailleurs qui n’ont été exprimées que par des forme embryonnaires durant la mobilisation de 2016 pourraient être la clé pour revitaliser le mouvement et combattre la démoralisation. En somme, donner une réponse politique essentielle à la situation actuelle.

Crédits photos : (AFP/JUAN MABROMATA)




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