^

Meurtre politique. Une grosse casserole pour le gouvernement Macri

Argentine. Une mobilisation dans tout le pays pour Santiago à la veille des élections

Samedi, c’est la quatrième manifestation consécutive qui a été organisée depuis la découverte du corps de Santiago Maldonado. Alors que le gouvernement paraît tergiverser et que le kirchnérisme reste dans son objectif électoral, l’extrême gauche argentine, à commencer par le Front de Gauche et des Travailleurs, a multiplié les mobilisations pour que toute lumière soit faite sur l’assassinat de Santiago. La découverte du corps du jeune activiste pro-Mapuche, tué par la gendarmerie, a un peu plus aggravé la crise politique qui traverse tout le pays alors que des élections législatives et sénatoriales importantes pour le gouvernement de droite se déroulent ce dimanche.

C’est un mélange de rage et de tristesse qui a traversé les rues argentines depuis quatre jours, avec Santiago dans tous les esprits. Avec la découverte du corps, la confirmation de son identité par la famille puis une autopsie longue de douze heures, les manifestations témoignaient de la haine envers le gouvernement et de la persistance de ce traumatisme lié au souvenir de la dictature et aux 30.000 disparus du régime militaire. Alors que l’opposition de l’ancienne présidente, Cristina Kirchner, dit souhaiter éviter « toute manipulation politique » dans l’objectif purement opportuniste de suivre sa fronde électorale contre la droite au gouvernement, seule l’extrême gauche argentine s’est décidée à appeler à la mobilisation, en dépit des interdictions de manifester avant une élection, pour demander justice pour Santiago Maldonado. La dernière manifestation en date, celle de samedi, à l’appel de l’Encuentro Memoria, Verdad y Justicia, a été un franc succès.

Santiago, c’était un militant qui a été assassiné lors d’une opération policière sur les terres de la multinationale Benneton alors que la communauté Mapuche revendique ces mêmes terres. Samedi, des dizaines de milliers de manifestants, dans un flot de drapeaux rouges, de banderoles des fédérations syndicales combatives ainsi que de plusieurs organisations de défense des Droits de l’Homme ont manifesté en scandant « Je savais, Je savais, que Santiago, a été tué par la police ! ».

Les derniers rebondissements mettent en lumière la culpabilité du gouvernement et démentent les allégations de Macri et de ses ministres selon lesquels Maldonado s’était caché au Chili ou il avait rejoint une guérilla mapuche. Pendant ce temps, les partisans du président ont tout fait pour discréditer la lutte de la famille de Santiago Maldonado. Alors que le gouvernement tente aujourd’hui de sauver les meubles en se faisant passer pour un garant de la justice auprès de la famille, il ne peut nier que c’est la crise politique la plus grave depuis le début de son mandat.

Ce dimanche se déroulent donc des élections sur fond politique tourmenté. Les kirchneristes, qui pensent profiter de la crise politique se voient déjà remporter les législatives. Mais c’est sans compter la désapprobation populaire envers leurs méthodes après 12 ans de gouvernement ainsi que l’incompréhension face à leur choix de ne pas se mobiliser pour Santiago Maldonado. La droite, quant à elle, qui, en août dernier, lors des PASO, se voyait remporter les élections sans coup férir, a dû suspendre sa campagne, à la suite de la découverte du corps et de plusieurs graves erreurs de communication de ses candidats sur cette affaire.

La coalition d’extrême gauche trotskyste du Front de Gauche et des Travailleurs (FIT) a montré, au cours de cette campagne, toute la place qu’elle avait su acquérir, notamment dans les luttes. Ses visages les plus connus, Nicolás Del Caño, Myriam Bregman et Néstor Pitrola ont été aux avant-postes, avec les militants et sympathisants du FIT, de la mobilisation pour Santiago.

[Crédit photo : LaIzquierdaDiario-Argentine]