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Monde

Justice pour Santiago

Argentine : une marche pour demander justice à 3 mois de la disparition de Santiago Maldonado

A 3 mois du 1er août, jour de la disparition de Santiago Maldonado durant une répression policière, famille, amis et organismes de lutte pour les droits de l’Homme ont convoqué une mobilisation sur la Plaza de Mayo et dans tout le pays pour exiger justice. Cette affaire, qui fait ressurgir le traumatisme des militants politiques disparus de la dictature militaire de 1976, a mobilisé de nouveau en masse ce mercredi les différents secteurs combatifs du pays contre l’impunité du gouvernement et de sa police.

Une nouvelle grande marche a traversé la plupart des villes du pays ce mercredi, comme à Mendoza, Cordoba, Jujuy, mais surtout comme à Buenos Aires où près de 120 000 personnes se sont rassemblées sous un temps nuageux après la convocation de Sergio Maldonado :

« Aujourd’hui cela fait 3 mois que l’on a vu pour la dernière fois Santiago en vie. La dernière image de lui date de l’opération répressive illégale que la gendarmerie déployait dans la Pu Lof de Cuschamen, dans la Province de Chubut le 1er août 2017.
Durant ces 3 mois nous avons traversé des moments douloureux et difficiles, d’abord dans la recherche de Santiago, puis avec l’apparition de son corps sans vie. Nous sommes tellement tristes qu’il nous est impossible de mettre des mots sur notre douleur car Santiago ne peut toujours pas se reposer. Avec vous nous demandons de manière pacifique que se sache la vérité. Nous allons continuer à lutter avec fermeté jusqu’à ce qu’ils nous disent ce qu’ils ont fait à Santiago et que justice soit faite. Nous voulons remercier toutes les personnes qui nous accompagnent sur les places d’Argentine et du monde. Ils savent qu’ils sont le moteur par lequel nous pouvons continuer à lutter. Santiago fait déjà partie de nous, ses idées et sa solidarité survivront à travers le temps.

Justice pour Santiago et pour Tous ! »

La foule s’est tue, pleine de respect à la venue de Sergio Maldonado sur la tribune. Comme il l’expliquait lui-même lorsqu’il s’est exprimé, en sa mémoire nous réclamons de savoir « ce qui lui est arrivé et qui sont les responsables de sa mort, qui couvrent et dévient l’enquête sur sa disparition et sa mort. Les crimes des forces de police de l’Etat ne peuvent pas être impunis. » Car si la tristesse était réellement présente, celle-ci n’en a pas pour autant amenuisé la colère et la certitude de la culpabilité de l’État chez les militants. Les slogans contre la ministre de l’Intérieur, responsable de la répression le jour de la disparition de Santiago se sont multipliés.
Les manifestants, parmi lesquels étaient présents les maires de la Plaza de Mayo et de nombreuses personnalités politiques comme Nora Cortiñas, se sont vus joindre par de nombreuses organisations politiques et juridiques, mais aussi syndicales et étudiantes. Main dans la main avec les organismes de défense des droits de l’homme en Argentine comme le CeProdh, ils ont aussi reçu le soutien des ouvriers en lutte de Pepsico, et des différents courants syndicaux les plus combatifs du pays comme les ouvriers des transports en commun. Étaient aussi présents les partis les plus au front pour la lutte pour la justice pour Santiago Maldonado, comme les différents partis du Frente de Izquierda, le MST ou encore le Nuevo Mas, toujours pour rappeler l’importance d’une telle mobilisation dans la rue : face à un processus de justice dans lequel l’État intervient activement pour couvrir les forces répressives, il est essentiel de démontrer une mobilisation populaire et de refuser l’oubli.

En effet, alors que Mauricio Macri, jouissant de sa victoire électorale de la semaine passée, il s’est enfin exprimé sur l’affaire (bien évidemment dans une sémantique de déculpabilisation de sa police). Celui-ci n’a eu aucun scrupule à placer cette même semaine au ministère de l’agriculture Luis Miguel Etchevehere, propulsant un des plus grands représentants des propriétaires terriens au gouvernement. Alors que Santiago Maldonado mourrait pour défendre les terres des mapuches contre les grands capitalistes de Benneton, le gouvernement place ceux-ci aux plus hautes sphères de L’État et leur offre ses forces de répression pour défendre leurs intérêts. Face à ce crime d’État, la mobilisation revêt une importance particulière pour exiger vérité et justice pour Santiago.




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