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Société

Urgence Notre Police Assassine

Arrestation d’Amal Bentounsi. Un geste politique contre tous ceux qui luttent contre les violences policières ­

La nouvelle avait fait le tour des réseaux sociaux dans la journée de jeudi. Amal Bentounsi, porte-parole du collectif Urgence Notre Police Assassine était mise en garde-à-vue pour avoir filmé des policiers. Une arrestation arbitraire, qu'une partie des médias a cherché à couvrir ou à justifier coûte que coûte, quitte à inventer des faits imaginaires.

Violences de la police, mensonge des médias

Sans nulle doute, cette garde-à-vue est bien un geste politique. La vidéo prise par Amal Bentounsi et publiée sur la page Facebook du collectif montre bien la raison pour laquelle elle a été gardée à vue. Parce que la porte-parole, tout comme son collectif cherche à le faire jour après jour, cherchait à montrer ce que fait la police au quotidien dans les quartiers populaires : contrôler, menacer, instaurer un climat sécuritaire et répressif envers la population. Comme on le voit sur la vidéo, c’est parce qu’elle voulait filmer un contrôle de police que les forces de l’ordre se dirigent vers elle : « C’est un délit de diffuser ces images », lui dit un policier. Un mensonge, que les policiers cherchent pourtant à perpétuer, alors même que la circulaire du 23 décembre 2008 affirme qu’il est légal de filmer les forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction sur la voie publique.

Ce mensonge, de nombreux médias ont cherché ces derniers jours à le valider, en imputant à Amal Bentounsi des faits complètement mensongers, pour légitimer une garde-à-vue arbitraire. Europe 1 a en effet expliqué qu’elle « refusait de se soumettre à un contrôle d’identité » (élément totalement démenti par la vidéo où on entend la porte-parole accepter le contrôle sans même élever la voix). Le Parisien va même plus loin, en affirmant qu’elle aurait « tenté d’ouvrir la portière d’une voiture de la police municipale pour en faire sortir un homme interpellé » - mensonge éhonté, qui s’il ne vient pas de l’esprit du journaliste même, ne peut venir que d’un policier chargé de camoufler les actions de ces collègues.

Aucune rétractation ne sera faite de la part de ces journaux. Il faudra qu’Amal Bentounsi aille porter plainte pour qu’on entende enfin une partie de la vérité, que décrit la porte-parole :
Images intégrées 1 « L’un d’eux m’a tordu les bras en m’emmenant au véhicule. J’ai des hématomes et ai été reçue par un médecin. ». Ces violences même que la gardée à vue voulait empêcher en filmant les hommes de l’ordre.

Cacher cette impunité que je ne saurai voir

Filmer les policiers est ainsi devenu une action à haut risque, passible d’une nuit ou plus en garde-à-vue, alors même qu’elle ne possède aucun fondement légal. A l’automne dernier déjà, c’est un des rédacteur de Révolution Permanente qui était pris à partie, menacé, fouillé et violenté pour de tels faits

Plus encore que filmer de manière occasionnelle, c’est de lutter contre l’impunité, réunir les témoignages et organiser la solidarité avec les victimes que Amal Bentounsi a fait son combat. Dans la vidéo précédant son arrestation, c’est cela aussi évidemment que les policiers lui reprochent, lui rappelant le cas de son frère Amine Bentounsi, tué par la police et l’insultant de « fille perdue ».

La lutte contre les violences policières pourtant a de beaux jours devant elle. A peine un jour avant la garde-à-vue d’Amal Bentounsi, la page Facebook d’Urgence Notre Police Assassine relayait le témoignage d’une famille de la ville de Meaux, où elle a été interpellée.

Une preuve de plus qu’Amal Bentounsi avait bien des raisons de filmer, et que son arrestation est loin d’être due au hasard, mais constitue un geste politique contre tous ceux qui souhaitent mettre fin à l’impunité policière.




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