Société

Censuré puis republié

Arrêt sur images. Violences policières : Facebook recule sur la censure ?

Publié le 28 septembre 2016

Il y a quelques jours, nous avons publié un article http://www.revolutionpermanente.fr/Quand-Facebook-et-repression-marchent-main-dans-la-main à propos de la censure effectué par censure, au nom des « standard de la communauté » par Facebook. Le géant des réseaux sociaux a depuis autorisé sa republication. Mais Facebook n’en ait pas à sa première affaire de censure, comme le rappelle l’article d’Arrêt sur images http://www.arretsurimages.net/breves/2016-09-28/Violences-policieres-Facebook-republie-un-post-censure-id20173, que nous relayons ci-dessous. Une méthode qui interroge sur la politique de l’entreprise...

Par Manuel Vicuña le 28/09/2016

Encore une fois Facebook censure d’abord et rectifie ensuite.Nous vous racontions lundi commentle réseau social avait rendu inaccessible un messagepublié par un prof parisien. Dans cette publication, mis en ligne vendredi, Guillaume Mazeau, maître de conférences à la Sorbonne rapportait le témoignage de l’un de ses collègues, Guillaume Vadot. Un témoignage choc dans lequel Vadot, par ailleurs militant du NPA, relatait les violences policières dont il aurait été victime jeudi 22 septembre en gare de Saint-Denis lorsqu’il avait voulu filmer l’interpellation musclée d’une "femme noire d’une cinquantaine d’années". Violence physique, menaces de mort et de viol, attouchements, insultes… Le témoignage de ce prof, qui depuis a décidé de porter plainte, a été massivement partagé sur Facebook jusqu’à ce que le réseau social ne rende la publication inaccessible.

"Nous avons supprimé cette publication car elle n’est pas conforme aux Standards de la communauté Facebook", avait laconiquement justifié Facebook, sans daigner s’apesantir plus en détails sur "les standards" en question.

"COMME PAR MAGIE"

Alors que le témoignage de Vadot vient d’être accrédité par la restauration de la vidéo effacée de son téléphone, Facebook fait, de son côté, machine arrière. Dans un article publié ce mardi,le siteNuméramaqui s’est enquis auprès de Facebook des raisons de cette censure publie la réponse que lui a adressé le réseau social :"Merci de votre message. Nous nous sommes rapprochés des équipes de modération et je vous informe que le contenu a été restauré et Facebook en a informé M. Mazeau", explique ainsi un porte-parole du géant californien. En effet comme le faisait remarqué Mazeau, l’auteur de la publication censurée, le post est réapparu"comme par magie"mardi matin sur sa page Facebook. Il est de nouveau accessibleici.

Quant à la raison de cette censure ?"Guillaume Mazeau a effectivement été informé"de la restauration de la publication assureNuméramaen revanche poursuit le site"il n’a toujours aucune explication".

Censurer puis republier… Ce n’est pas la première fois que le réseau social agit de la sorte. Alors que sa politique de modération est plus que jamais montrée du doigt pour ses incohérences et son manque de transparence, le réseau social s’est illustré une nouvelle fois début septembre en censurant une photo historique de la guerre du Vietnam sous prétexte qu’elle contrevenait à ses standards en matière de nudité. Nous vous en parlionsicietici. Face au tollé, Facebook avait finalement rétropédalé en republiant la photo.