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Notre classe

Assemblée Générale du 19 octobre Les travailleurs sociaux d’Île de France s’organisent

Entre 250 et 300 travailleurs sociaux se sont rassemblés jeudi dernier à la bourse du travail à l'appel des États généraux alternatifs du travail social et de SUD action sociale et CGT santé social. Un objectif : dénoncer les conditions de travail épouvantables du secteur social et médico-social.

« Tout le monde se bat pour le social »

Historiquement ce secteur est très peu présent dans la lutte. Mais jeudi, éducateurs spécialisés, moniteurs éducateurs, assistants de service social, aides éducatifs et sociaux, aides soignantes, éducateurs de jeunes enfants, psychologues, étudiants, tous les professionnels du secteur étaient présents à l’assemblée générale pour dénoncer la casse du travail social. C’est au chant de « tout le monde se bat pour le social » que des témoignages plus bouleversant les uns que les autres se succèdent. La colère monte chez les travailleurs sociaux. Que ce soient les mineurs non-accompagnés (étrangers isolés), les personnes âgées, celles en difficulté sociale ou en situation de handicap, mineurs ou majeurs, tout le monde est touché par la dégradation du travail social.

Lutter contre les logiques de marchandisation du travail social

La loi travail XXL de Macron va favoriser le « dumping social », plaçant les associations dans une concurrence pour répondre aux appels à projet, ce qui va dégrader les conditions de travail des salariés ainsi que l’accompagnement des personnes fragilisées. Cette AG s’est prononcée pour lutter contre les logiques de marchandisation du travail social, en remettant la personne vulnérable au cœur du travail social et sortir de ces logiques de rentabilité.
Le secteur social est loin d’être épargné par les ordonnances : la fusion du CHSCT, CE et DP déséquilibre fortement la balance du contre pouvoir. Dans cette même logique on peut très bien imaginer que le gouvernement va s’en prendre aux conventions collectives 66 et 51 qui encadrent le travail social. Ainsi en est-il de la suppression des congés trimestriels... toujours dans une logique d’économie, peu importe comment survit le travailleur.

Si le secteur social et médico-social n’a pas une histoire de lutte, il n’en est pas moins combatif à l’image des aides soignantes d’un EHPAD qui ont mené un combat acharné durant 117 jours de grève entre avril et juillet 2017 avant d’obtenir satisfaction. Nous pouvons citer également le Maine-et-Loire, département dans lequel un dumping social est mis en place, dans le champ de la protection de l’enfance, depuis avril 2017. Le collectif protection de l’enfance du département mène diverses actions.

Le paradoxe étudiant

Si les étudiants étaient présent à l’AG, il ne l’était pas en nombre. Pourtant eux non plus ne sont pas épargnés. Tout d’abord, il y a la difficulté voire impossibilité de trouver des stages, problème majeur qui se pose dans énormément de centres de formation. La gratification des stages rendus obligatoire depuis une dizaine d’années ne facilite pas la recherche étant donné que les structures n’ont pas forcément les fonds nécessaires. Pour les étudiants qui en bénéficient, c’est alors les galères avec pôle emploi qui entravent leurs parcours.

La future réforme prévoit enfin la revalorisation des diplômes pour les travailleurs sociaux de diplôme de niveau 3 (reconnu bac +2) en diplôme de niveau 2 (reconnu bac +3), mais la loi reste floue quand à la rétroactivité de cette réforme, tout en précisant bien qu’elle engendrera une modification de la formation dès la rentrée 2018. Les étudiants, pourtant très concernés par ces réformes, ne prennent pour l’instant pas une part active à la lutte.

Pour le 19 Octobre 2017 plusieurs appels à la convergence avaient déjà été réalisés entre le secteur public et le secteur privé. Pour le 20 Novembre, l’Assemblée Générale et les syndicats du secteur social et médico-social appellent à une journée de grève nationale : « Le 20 Novembre contre la casse de la protection de l’enfance et du secteur social, pour faire entendre notre voix, pour exprimer notre colère contre un État et un gouvernement qui mettent des logiques de rentabilité et de marchandisation dans le travail avec l’humain. Pour les droits des enfants et des personnes vulnérables. Nous descendrons dans la rue ! »

Deux raisons symboliques pour cette date du 20 : la première étant que c’est la journée internationale des droits de l’enfant, la deuxième que le collectif protection de l’enfance 49 appelle déjà à une journée de mobilisation ce jour là.

Crédits photo : © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK [AFP/Archives]




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