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Politique

Crise des mécanismes parlementaires

Assemblée Nationale. En Marche manœuvre pour museler toute opposition

Traditionnellement, l’un des 3 postes de « questeurs » à l’Assemblée Nationale est réservé à l’opposition. Thierry Solère, député Les Républicains « constructif », c’est à dire favorable à Macron, et deux députés LRM ont pourtant été nommés à ce poste.

Crédit photo : AFP 2017 Bertrand Guay

Un symptôme de l’éclatement des Républicains...

La candidature surprise, et la victoire, de Thierry Solère au poste de questeur (accompagné par Florian Bachelier, député de Rennes, au poste de premier questeur, et Laurianne Rossi, députée des Hauts-de-Seine, tout deux étiquetés La République En Marche a provoqué un véritable tollé dans l’hémicycle, et tout particulièrement chez Les Républicains. En effet, ce 3ème poste est historiquement alloué à un représentant du premier groupe d’opposition. Or, si Thierry Solère est bel et bien membre du parti Les Républicains, il ne fait pas parti du groupe parlementaire constitué par la formation de droite… mais du groupe des « constructifs », un rassemblement de députés du centre et de la droite favorables au président Macron.

Sous fond de scission, les députés LR et constructifs se sont adonnés à un violent échange, à couteaux tirés. « C’est inadmissible que la majorité choisisse les représentants de l’opposition au sein du bureau de l’Assemblée », s’insurge Daniel Fasquelle. « Les droits de l’opposition piétinés à l’Assemblée nationale, l’hégémonie en marche », explique encore Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR. De son côté, Franck Riester, co-président du groupe, a fait valoir le fait que, sur le papier, les « constructifs » faisaient parti de l’opposition… « Personne ne vous croit ! » réplique le bloc LR. C’est donc bel et bien la crise et les recompositions à droite qui s’exposent violemment en plein hémicycle. Et sur ce terrain, la stratégie de La République en Marche et ses alliés est claire : passer en force.

…En Marche trop vite trop fort ?

Le constat est si limpide que même les médias dominants n’ont pu passer à côté : première séance à l’Assemblée Nationale, premier tollé et première « crise institutionnelle » selon les mots du Figaro. Une situation pour le moins ubuesque puisque, selon les « éminents » analystes politiques bourgeois, le ras de marée Macron a marqué une stabilisation et une crédibilité totale pour le gouvernement. Ce hold-up des postes parlementaires montre que, bien que Macron ait les pleins pouvoirs et la majorité absolue, il ne peut passer en force au détriment des autres forces politiques sans ouvrir la voie des incidents qui rappellent par certains aspects les coalitions à géométrie variable de la 4ème République avec les critères les plus présidentialistes et anti-démocratiques de la 5ème.

Cette « formalité » réglée d’ordinaire en quelques minutes a engendré une passe d’armes de plusieurs heures. En effet, La République en Marche a adopté la manière forte, appuyant ses alliés « constructifs » pour consolider des liens et, surtout, pour endiguer dans les faits toute constitution d’une opposition, aussi libérale soit elle, car il est évident que sur les sujets centraux, notamment en ce qui concerne les attaques contre les travailleurs, Les Républicains accompagneront la politique du gouvernement.




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