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Tous ensemble le 10 janvier pour imposer la grève générale dans le pays !

Assemblée de Toulouse : les Gilets Jaunes interpellent les directions syndicales et appellent à la grève générale

Lors de la troisième Assemblée Générale des Gilets Jaunes toulousains, environ 200 présents ont voté une action d'interpellation des directions syndicales, le 10 janvier à 18h devant la Bourse du Travail (Place Saint-Sernin).

Crédits photo : Révolution Permanente

Cette action s’organise d’ores et déjà dans plusieurs villes comme à Nîmes, Bordeaux, Narbonne, Marseille, Lyon et Grenoble et gagnerait à être reprise ailleurs encore. Un appel issu d’un groupe de travail de gilets jaunes toulousains qui a également été voté à la quasi unanimité et dans l’enthousiasme général et qui pourrait être repris dans d’autres villes, marque la volonté de nombreux gilets jaunes de bloquer l’économie dans son ensemble.

Partant du constat que les directions syndicales ont mis une distance avec le mouvement des gilets jaunes, et n’ont pas organisé réellement la convergence (même si Solidaires, qui n’a pas signé le communiqué intersyndical du 6 décembre, ne peut pas être mis dans le même panier), l’idée a commencé à germer dans plusieurs villes d’organiser une action le 10 janvier pour interpeller ces directions syndicales nationales, et qu’elles mettent réellement leur force dans la bataille.

A Toulouse, c’est un groupe de travail lors de la "commission action" du 2 janvier qui a commencé à organiser l’action localement et à rédiger un appel pour convaincre de l’importance de cette action, pour qu’elle soit massivement suivie et relayée. C’est ce qu’a expliqué Gaëtan, qui a résumé le travail de préparation et l’appel à l’action du 10.

Dans la période, il est central que les directions syndicales arrêtent de se déresponsabiliser, de frapper à contre-temps ou de reprendre le discours de Macron. De nombreux secteurs sont prêts à en découdre, certains par la grève comme le montrent les préavis dans certains secteurs, les menaces de grèves dans d’autres comme les Ehpad ou les cantines scolaires par exemple. C’est le sens de l’appel qui a été voté et que nous retranscrivons ci-dessous :

Appel à action pour interpeller les directions syndicales, Tous ensemble vers la grève générale

Depuis le 17 novembre, nous, Gilets Jaunes, nous battons contre la vie chère, l’injustice fiscale, et plus globalement contre tout un système qui nous exploite chaque jour un peu plus.

Sous le gilet jaune, nous sommes bien souvent des travailleurs, chômeurs, retraités, précaires, mères isolées, etc.. Pendant la première phase de notre mouvement, et malgré notre méfiance envers les directions syndicales, beaucoup ont reparlé de mai 68, de grève générale, de bloquer l’économie. Pour beaucoup, nous portons des revendications allant dans le même sens, comme la hausse des salaires par exemple. Pourtant, nous avons encore été déçus par l’attitude des directions syndicales.

Premièrement, celles-ci ont signé un communiqué condamnant « les violences dans l’expression des revendications », sans même évoquer les violences policières, reprenant le discours de « retour à l’ordre » du gouvernement. Ensuite, malgré l’effervescence dans le pays, il a fallu attendre le 14 décembre pour un appel timide et tardif à la grève. Enfin, on a trop entendu les dirigeants des syndicats reprendre les éléments de discours du gouvernement sur le « mouvement récupéré par l’extrême droite ».

Pourtant, de nombreux syndicalistes à la base ont défendu la convergence depuis le début, que ce soit en s’investissant dans le mouvement, en organisant la convergence entre cortèges syndicaux et gilets jaunes, ou à travers des prises de position ou pétitions pour appeler les syndicats à organiser la grève générale dans le pays.

Oui, il n’existe pas un « bouton pour la grève générale ». Oui, organiser un tel rapport de force n’est pas facile. Mais les directions syndicales ne peuvent pas se déresponsabiliser de leur rôle avec cette excuse. Si, dans la situation explosive actuelle, tous les syndicats, ensemble, appelaient à une journée de grève générale dans le pays, s’ils mobilisaient l’ensemble de leurs militants, de leurs ressources, pour appeler tous les travailleurs, syndiqués ou pas, à une énorme grève générale, pour bloquer toute l’économie en France, et renforcée par des blocages comme nous le faisons déjà régulièrement, alors il y aurait un énorme rapport de force pour imposer l’ensemble de nos revendications.

Par cette action du 10 janvier, nous interpellons les directions de tous les syndicats, pour qu’une telle journée de lutte soit mise en place dès janvier, en vue d’une grève générale reconductible.

Tous ensemble, construisons la grève générale dans le pays !
Nous pouvons gagner !




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